L’Institut Français de Maurice (IFM) accueille ce vendredi soir le groupe réunionnais Ziskakan de Gilbert Pounia, dans le cadre du Festival Enn qu’organise la petite équipe dynamique du Sapin. Le leader du groupe Ziskakan qui continue d’explorer de nouvelles expériences musicales d’année en année, avait été séduit par la démarche des frères Durhone et de leurs complices lors de sa venue à Maurice à l’occasion d’une résidence il y a deux mois. Il a donc accepté tout naturellement d’ajouter son maloya bien spécifique, au bouquet musical et artistique que propose le Sapin jusqu’au vendredi 10 décembre.
Avant vendredi, le public du Festival Enn va pouvoir apprécier les contes de la troupe Favory, qui anime la soirée gratuite du mercredi 7 décembre. Le lendemain, il sera possible d’écouter les jeunes groupes que le Sapin a soutenus et contribué à faire découvrir ces derniers temps. Samedi soir, le restaurant culturel de Camp Levieux accueillera Bref, Tritonik et Maya Kamaty, qui représentent en quelque sorte la relève de la création musicale réunionnaise.
Gilbert Pounia a récemment fait un travail de création sur des textes poétiques de Michel Ducasse, ce dernier ayant, pour sa part, contribué à la traduction en français de ses chansons toujours pensées et écrites en créole réunionnais.
En attendant d’écouter le fruit de ce travail trop récent pour être livré au public, nous pouvons nous orienter vers le dernier album produit en 2010, qui restitue la contribution du groupe au festival Sakifo. Ce Live in Sakifo, s’est ajouté à d’autres titres aux thèmes particuliers, tels que Madagascar (2009), Banjara (2006 ou encore Casino de Paris (2002).
L’association Ziskakan est née en 1979 dans la mouvance du combat des Réunionnais pour la reconnaissance de leur culture et de leur langue, face à la domination d’une culture métropolitaine très aseptisée imposée par les institutions. Il y a eu un long parcours depuis lors, et la langue créole est rentrée dans les institutions scolaires. Ziskakan a continué d’incarner la culture musicale réunionnaise, le maloya des kabars et des veillées, dans l’île soeur et à l’étranger, où il a eu l’occasion de tourner à plusieurs reprises.
Les années 90 ont amené des collaborations musicales variées, telles que John McLaughlin, Angélique Kidjo, Michaël Brook ou Ismaël Lo… Puis à la fin des années 90, le groupe a amorcé un retour vers l’univers acoustique en introduisant dans son jeu de nouveaux instruments, tels que les bongos, congas, le sitar, les tablas ou l’harmonium… Cet enrichissement est venu redynamiser sa musique, lui donner de l’étoffe et une profondeur, qui ont séduit autant dans la région qu’au Casino de Paris, en Europe et en Afrique.