Découverte de nouveaux talents, confirmation des valeurs sûres, sauvegarde du patrimoine musical traditionnel… 2011 a été une année riche en concerts pour les artistes locaux. Revoyons ensemble les moments forts qui ont marqué l’année.
Festival Enn au Sapin
Le Festival Enn, après une première édition en 2010, a été l’un des événements de l’année au Sapin, salle de Camp-Levieux incontournable pour tous les mélomanes en quête de sons nouveaux. Étaient à l’affiche de cette deuxième édition, tenue du 2 au 9 décembre, un Ziskakan toujours aussi raffiné et séduisant, et la découverte Maya Kamaty, entre maloya et musique française. Ainsi que Étae, Bref, Tritonik, Ras Minik, People of the Sun…
Festival Kreol : toujours plus loin
Pas de soirée séga typique cette année au Festival International Kreol, mais une soirée consacrée aux Légendes du séga, ces vétérans de la scène locale qui arrivent toujours à faire vibrer un public qui ne cesse d’en redemander. Le festival, organisé conjointement par le ministère du Tourisme et des loisirs et celui des Arts et de la Culture, a vu pour son traditionnel All Night Concert, long de 12 heures, la formation ivoirienne Magic System faire danser pas loin de 100 000 personnes. On retiendra également l’accueil chaleureux offert aux Seychellois du groupe Dézil, et surtout à Chicco Martino dont le tube Pou touzour figure parmi les titres les plus appréciés du moment. Pour les artistes connus, outre les têtes connues, El Diana, Cathy Gobin ou encore Jasmine Toulouse ont fourni des prestations remarquées.
Festival Reggae Donn Sa : objectif 100 % fam atteint
Qualitativement, le Festival Reggae Donn Sa a atteint ses objectifs avec sa première édition 100 % féminine. Parmi les participantes, la jamaïcaine Étana, la Réunionnaise Malkijah, les Mauriciennes Linzy Bacbotte, Laura Beg et Laydee Haydee, la Malgache Sidney ou encore les Seychelloises Grace Barbé et Jahna Ranks. Elles étaient accompagnées par les musiciens du groupe Otentik Groove.
Sidart Tour : solidarité
Amener la musique dans les quartiers marginalisés tout en encourageant la solidarité, c’était l’objectif de la campagne Sidart Tour, tenue en novembre. Parmi les régions visitées : Baie-du-Tombeau, Alma, Pailles, Cité-Mangalkhan, La Sourdine, Camp-Levieux, Rose-Belle, Petite-Rivière-Noire, Caroline et La Valette. Ce rassemblement autour de la culture a vu la participation de Dagger Kkila qui a interprété des titres de son dernier opus Antisipe et de Lion Kklash, entre autres.
Le séga remplit les grandes salles
Après 50 ans séga organisé par Geda Music, avec Jean-Claude Gaspard, Marie-Josée et Roger Clency, joué à guichets fermés, le concert Plaisir Séga au J & J Auditorium à Phoenix, avec Nancy Derougère et Mario Justin, puis celui marquant les quinze ans de carrière d’Alain Ramanisum dans la même salle, et enfin Dominique Barret le 3 septembre au même endroit, on a eu la confirmation que le séga remplit facilement les plus grandes salles. Mon coeur épris, Si ou di oui, Pou ou mamzel… Dominique Barret est l’un des rares chanteurs de séga réunionnais à connaître le succès chez nous, le voyage entre les deux îles soeur se faisant d’habitude en sens inverse. Nancy Derougère, la Diva Séga, a été étincelante aux côtés du groupe Zot Sa le 3 décembre, avec ses invités surprises comme Désiré Victor et son tube Dalon, Denis Dialsa (Bater Bis) et José Pitchen (Marie en semblan).
Blakkayo goes solo
Yo ! une marque d’identité pour Jean Clario Gâteau, alias Blakkayo, qui ce mois-ci a donné son premier concert en solo depuis son évolution dans le circuit musical. Au stade Kaya à Roche-Bois, son concert Love n Respect, devant une petite foule, a su transmettre des ondes positives autour de l’amour, le respect et la paix. Accompagné par les musiciens d’Otentikk Groove, il a notamment interprété Xterminator, Rev penitencie, Mo pa pou suiv… Des chansons qui ont été reprises en choeur par l’assistance. La première partie a été assurée par Ziakazom, Blackowes, Tian et Clarel Armel.
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Visiteurs de marque: Magic System, possédés par la musique
Ils étaient présent pour la sixième édition du Festival International Kreol. Pour leur premier concert à Maurice, les quatre de Magic System ont su faire Bouger Bouger le public sur la Zouglou Dance. La prestation des Premier Gaou : A’Salfo, Goudé, Tino et Manadja sur l’île est encore dans les mémoires des dizaines de milliers de personnes présentes au All night concert. Originaires d’Abidjan en Côte d’Ivoire, ils ont délivré un spectacle pro durant pas moins de deux heures. Le public a repris en choeur la majorité des chansons, alors que les Magic System dansaient en rythme, comme possédés par la musique.
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ESPOIR: Réaliser son rêve
L’année 2011 a vu quelques jeunes mauriciens réaliser leur rêve. Au début de l’année, le petit Yogesh Patroo, dit Souljah Yog, souffrant de dystrophie musculaire, a vu son rêve le plus fou se réaliser : la réalisation de son album Mo vision. Enregistré chez Grace Records, ce premier opus avait également pour objectif de briser les tabous autour de sa maladie. C’est aux côtés d’artistes locaux et internationaux que le jeune homme a fait ses débuts dans le domaine musical, dans un style roots. À ses côtés : Blakkayo, Ras Ricky, Kymaï et Mamie Kloun. Également parmi ses réalisations, le tournage du clip vidéo d’Elimin violans avec Ras Ricky et Kool B (Bruno Raya).
Autre rêve qui s’est réalisé : celui de la petite Jemina lors de la sixième édition du festival Reggae Donn sa. Âgée de huit ans, cette jeune demoiselle respirant la joie de vivre a pu partager la scène avec Linzy Bacbotte. Reprenant Fam Exampler, elle a su chauffer la foule avec des « leve lamin », une foule qui n’a pas hésité à l’accompagner durant sa prestation.
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Rock : la relève assurée
Bien qu’essentiellement underground, non pas parce qu’il se veut confidentiel mais parce que comparativement aux genres musicaux les plus populaires son public ici est très restreint, le rock mauricien nous a valu cette année des concerts qui témoignent de sa richesse créatrice.
Outre de sortir son troisième album, disponible gratuitement sur internet, Crossbreed Supersoul, l’incontestable fer de lance local, s’est signalé en faisant quasiment jeu égal scéniquement avec le quatuor français BB Brunes au J&J Auditorium. On retiendra aussi le concours Top Rock 2011, auquel ont participé nombre de groupes locaux, et dont la finale, tenue au Z Club le jeudi 22 décembre, a vu la victoire de Hazarder. Le même soir, outre Hazarder, plusieurs groupes dont on espère pouvoir écouter le premier album l’an prochain se produisaient, tant comme participants avec Neofields que comme invités avec HumaNoID et Skeptikal. Ce dernier groupe a été très actif au niveau des concerts cette année, tâchant de se produire dans différentes salles, dont le Sapin à Camp-Levieux, l’Amnezia à Ébène et le Conservatoire François Mitterrand, et promet de continuer sa tournée de l’île l’an prochain, toujours avec d’autres groupes. Une importante caractéristique du rock local, en effet, est sa tradition des concerts collectifs, avec souvent au moins trois ou quatre groupes se partageant la scène. Les rockers locaux, qu’ils donnent dans le punk, le pop rock, l’alternatif ou le métal, jouent la carte de la solidarité.