Lionel Lajoie compte postuler pour un PGCE en créole

Alors que se tient le Festival kreol, la Creole Speaking Union a organisé un concours de slam sur le thème « Slam to Leritaz ! Slam to Pei». L’Université de Réduit a ainsi accueilli mardi une dizaine de concurrents et c’est Lionel Lajoie qui s’est démarqué à travers “Zenes mo pays”. « Le slam est cosmopolite et brise les clivages », dira-t-il.

Des mots qui claquent, qui swinguent, qui emportent, qui dérangent… C’est tout cela l’univers du slam. Un tourbillonnement d’idées à profusion qui entraîne le public dans une valse de sonorités. On se laisse prendre à bras-le-corps par les mots et les attitudes. Car slammer, c’est aussi un art, le pouvoir des mots qui font grincer les dents ou qui émeuvent les âmes. Et ils ont frappé fort, les slameurs, mardi à Réduit. Ils ont arpenté la scène avec pour seules armes des mots prononcés d’une voix tranchante et sonore. Pour couronner le tout, le public a aussi eu droit à des chansons typiques.

Ce concours de slam, initiative de la Creole Speaking Union, n’a pas laissé insensible le public. Au final, c’est Lionel Lajoie qui a retenu l’attention du jury. Ce jeune, qui vient de terminer ses études universitaires et qui a aussi étudié le kreol, trouve que le slam puise sa source dans la vérité des mots véhiculés. « Cela fait six ans que je slame mais trois ans que j’écris en créole. Le slam “Zenes Mo Pays”, je l’ai écrit pour les célébrations des 50 ans de l’indépendance et dire l’amour pour ma patrie et ses travers. »

Dans un autre ordre d’idées, il évoque le mouvement de slam, « qui est au ralenti ». Grâce au cours en kreol à l’Université, Lionel est parvenu à s’imposer dans ce créneau et avec le “cash prize” de Rs 10 000 obtenu, il compte postuler pour un PGCE en créole. Cet argent, dit-il, servira à financer ses études. Pour ce qui est de la langue kreol, Le jeune homme dira : « Il y a beaucoup de discours pour promouvoir la langue kreol et qui ne reflètent pas la réalité de ce pays. Le slam est cosmopolite et brise les clivages et les barrières. »

Arnaud Carpooran, président de la CSP et doyen de la faculté des sciences sociales et humaines, a salué la participation des slameurs : « Enn konkour ki finn fer dan enn lanbians de kalite e de saler. Le kreol est un héritage légué et il est intéressant de voir les jeunes se démarquer dans ce domaine. » Pour sa part, Pradeep Roopun, ministre des Arts et de la Culture, a salué les différentes prestations des slameurs. « Il y a de la relève dans ce domaine et c’est un bon signe. Le slam est une manière originale de se développer, de mettre en avant sa créativité. Le kreol met en avant la richesse de notre héritage dans toute sa diversité. C’est une langue parlée par tous. » Le deuxième prix de ce concours est revenu à Juanito Martin et le troisième prix à Kelly Ang.