Un nouveau regroupement de plus de 5 000 commerçants, la Shop Owners Solidarity, dénonce la “concurrence “déloyale des organisateurs de foires commerciales. Selon eux, nombre d’entre eux sont au bord de la faillite. Ils suggèrent, entre autres, que les foires ne soient permises que durant les mois de janvier, février et juin.
« C’est juste à partir d’avril-mai, au moment où nous avons l’espoir de pouvoir nous rattraper dans nos ventes à l’occasion de la Fête de Pâques et de la Fête des mères, que débute la « saison des foires commerciales » », déplore le porte-parole de Shop Owners Solidarity (SOS), Sundar Hassamal, dans une déclaration au Mauricien.
Pour soutenir ses dires, Sundar Hassamal affirme que de nombreuses foires commerciales ont été organisées à travers le pays depuis avril 2015. En avril dernier, il y a eu une foire à Trianon Park, une autre à Flacq Shopping Mall, une troisième à Lolo Supermarket. En mai, il y a eu d’autres foires, organisées en même temps dans plusieurs autres endroits du pays. En juin, il y a eu du 5 au 14 la « Indian Ocean Trade Fair » à Mer-Rouge. Cela s’est répété du 20 au 29 juin. En outre, à partir du 1er juillet, on note encore une foire à Lolo Supermarket. « Cette dernière a eu lieu dans un mois qui est en violation des Consumer Protection (Events) Regulations 2013 — 4 (1) (a) », invoque le porte-parole de la SOS.
« Nous sommes des law-abiding businessmen. Nous payons tous nos permis, nous respectons scrupuleusement les lois. Nous travaillons selon une éthique bien établie. Nous avons forgé notre réputation grâce à des années de dur labeur. Mais aujourd’hui notre existence est menacée par les pratiques déloyales de certaines personnes », avance notre interlocuteur.
Sundar Hassamal fait observer que les « commerçants » qui participent à ces foires sont souvent les mêmes dans toutes les manifestations de ce type. « Ce sont souvent des étrangers qui ne sont pas VAT-Registered, qui ne délivrent aucun reçu et qui manifestement ne subissent aucun contrôle de la Mauritius Revenue Authority (MRA). Ils sont en violation des lois du commerce à Maurice », s’indigne-t-il. « Sans compter que les clients sont souvent les dindons de la farce de ces foires commerciales attrape-nigauds », estime-t-il. Selon notre interlocuteur, les autorités devraient ouvrir l’oeil et enquêter sur les personnes qui organisent de telles foires. « Ce sont souvent les mêmes étrangers qui agissent sous des prête-noms, qui ne paient aucune redevance, aucune taxe, mais qui engrangent des recettes qui sont envoyées à l’étranger et qui ne profitent pas à l’économie de Maurice », soutient Sundar Hassamal.
Il confie que ces foires commerciales déloyales tuent la culture et les traditions commerciales du pays et font obstacle à l’épanouissement des petites et moyennes entreprises (PME). « Les PME en souffrent car ces foires leur « volent » leur clientèle. Loin de relancer l’économie du pays, ces foires contribuent au chômage parce qu’elles ne favorisent aucunement la création d’emplois permanents légaux comme nous le faisons », explique-t-il.
Pour assainir cette situation, la SOS fait un certain nombre de propositions (voir encadré). « Puisque le gouvernement a un mandat pour ‘nettoyer’ le pays, il est temps aussi de ‘nettoyer’ ces foires commerciales qui font tant de tort à l’économie mauricienne et aux consommateurs », avance-t-il.