Les juges Adburafeek Hamuth et Prithviraj Fekna siégeant en appel ont annulé une peine de six mois de prison infligée par la Cour intermédiaire au psychologue Rishi Dev Sharma Teeluck, qui avait été trouvé coupable d’abus sexuel sur l’une de ses patientes. Les juges estiment que la plaignante dans cette affaire n’était pas un témoin crédible et que la Cour intermédiaire n’aurait pas dû prendre en considération sa version.
Les faits remontent à 2007. La plaignante qui était alors âgée de 12 ans avait indiqué qu’elle avait été violée à quatre reprises par trois individus en une semaine et avait été référée au psychologue Rishi Teeluck qui était posté au Family Welfare Office à Bambous. Le 24 avril elle s’était alors rendue chez le psychologue pour être examinée. Selon sa version, le médecin aurait verrouillé la porte pour l’examiner et lui aurait ensuite demandé d’enlever ses vêtements et sous-vêtements afin qu’il puisse voir si elle portait des blessures. Elle avait affirmé avoir suivi les instructions du psychologue car elle ne savait si le travail d’un psychologue n’était pas de lui faire un examen corporel. Le psychologue en aurait alors profité pour lui faire des attouchements. La plaignante indique qu’après cet épisode elle était rentrée chez elle et n’avait rien dit à personne. Cependant avant de quitter le bureau, elle devait faire une requête pour être examinée par une psychologue la prochaine fois. Ce n’est qu’après lorsque sa mère lui avait demandé comment s’était passée sa visite chez le psychologue qu’elle devait lui donner les détails. C’est là qu’elle aurait réalisé que quelque chose d’inhabituel s’était passé avec elle et avait rapporté l’affaire à la police environ trois semaines après l’incident.
Pour sa défense, l’accusé avait confirmé en Cour qu’à un moment la jeune fille avait évoqué ses blessures et avait de sa propre initiative enlevé ses vêtements pour les montrer au psychologue. Ce dernier affirme l’avoir vue sans la toucher. La Cour intermédiaire l’avait trouvé coupable et condamné à six mois de prison. Le psychologue avait fait appel sur plusieurs points, notamment sur le fait que la Cour n’aurait pas dû croire la jeune fille, dont la version, dit-il, était remplie de contradictions. Les juges se sont en effet attardés sur les versions contradictoires de la jeune fille quant à son récit du viol collectif dont elle aurait été victime. Dans une version elle avait accusé un certain Ludovic d’être entré par effraction chez elle pour voler mais il en a profité pour la violer. Dans une autre, elle parle d’un CD qu’elle avait emprunté de ce même Ludovic et soutient que c’est en venant chercher le CD que Ludovic l’aurait violée. Les juges ont trouvé que la jeune fille aurait bien pu avoir inventé ces histoires de viol pour cacher qu’elle avait eu des relations sexuelles avec le dénommé Ludovic. « However, it is significant that there had, allegedly, been four “rapes” of the complainant on three different days involving two different young men spanning a period of one week. In such circumstances, her failure to complain seriously points towards a deliberate concealment of her involvement in the sexual acts. After having perused the court record, and all the evidence placed before the learned Magistrate, we are of the view that there have been sufficient doubts raised in the version of the complainant and considerable breaches made during cross-examination concerning the circumstances surrounding the alleged rapes as to shake her credibility and to show that she may have been fabulating and inventing things as regards the rapes », ont-ils soutenu.