Mustapha Mohamed, alias « Gandhi », a débuté hier une grève de la faim pour dénoncer la condition des pêcheurs dans le pays. Le gréviste attire particulièrement l’attention sur sa situation et celle de ses coéquipiers du bateau Hoi Siong 8, sans emploi depuis plusieurs mois. Leur demande pour une aide sous le Fisherman Investment Trust n’a pas abouti.
Après avoir fait le tour de l’île à pied durant six jours, Mustapha Mohamed – aussi connu comme Gandhi – s’est installé au monument des pêcheurs à Trou Fanfaron. C’est là qu’il a débuté sa grève de la faim pour réclamer une meilleure considération pour les pêcheurs. En mai dernier, le Hoi Siong 8, bateau à bord duquel Mustapha Mohamed et ses coéquipiers pêchaient au large de St-Brandon, tombe en panne. Remorqué à Maurice, le bateau attend toujours d’être réparé car la compagnie d’assurances n’a pas encore dédommagé la compagnie.
Entre-temps, pour survivre, Mustapha Mohamed décide de faire appel au ministère de la Pêche. Selon les dispositions du Fisherman Investment Trust (FIT), les pêcheurs peuvent bénéficier de ce fonds pour travailler à leur propre compte. La compagnie IKS a même accepté de mettre un bateau à la disposition des pêcheurs.
Mais selon les règlements du FIT, il faut se regrouper en coopérative avec cinq personnes au moins. L’enregistrement pour cela coûte Rs 500 par personne. M.Mohamed affirme que son groupe comprend 45 membres. « Mais où allons-nous trouver cet argent si nous ne travaillons pas ? Pourquoi y a-t-il un fonds pour les pêcheurs si nous ne pouvons en bénéficier ? »
Bien plus que cela, c’est la situation des pêcheurs à Maurice qui mérite plus d’attention, soutient pour sa part Judex Rampul, président du syndicat des pêcheurs, venu rendre visite à Mustapha Mohamed. « Aujourd’hui, en 2011, on paye encore les pêcheurs de banc à Rs 7 le kilo de poissons », dénonce Judex Ramphul.
Ce dernier dit constater que les pêcheurs sont devenus des « rejetés de la société ». Il établit un parallèle avec ceux de Bambous Virieux et rappelle que ceux-ci n’ont pu faire entendre leur voix malgré des années de lutte. « Voilà ce qui se passe quand le vase déborde. »
Avant de débuter sa grève de la faim, Mustapha Mohamed a sillonné l’île à pied pour sensibiliser les pêcheurs dans différentes régions. Habillé comme le Mahatma Gandhi et armé d’un bâton de pèlerin, il est allé de Rivière-Noire à Trou-d’Eau-Douce en passant par Mahébourg, entre autres.
Sollicité pour une réaction sur cette grève de la faim, Mathieu Laclé, conseiller au ministère de la Pêche, nous a renvoyé au directeur des Fisheries. Mais nous n’avons pu entrer en contact avec ce dernier non plus.