Après cinq mois de négociations portant sur une amélioration des conditions salariales et d’emploi, les choses se corsent dans le secteur du Freeport, plus précisément à la Mauritius Freeport Development Ltd. Le dernier développement en date en ce sens est intervenu pour le rassemblement du 1er mai à Port-Louis avec l’intégralité des travailleurs de ce département rejetant le draft agreement basé sur les consultations syndicat/patronat. Les concernés auront une réunion de la dernière chance le mercredi 7 mai pour trouver un accord, faute de quoi l’on se dirigera tout droit vers un deadlock suivi de possibilités de grève de la part des travailleurs.
À ce stade les indications en possession des dirigeants syndicaux de la Port-Louis Maritime Association (PLMEA) sont que les travailleurs s’opposent catégoriquement à une augmentation salariale dont le paiement serait étalé sur trois années. Les sources approchées indiquent que c’est la raison première poussant les 202 employés de la Mauritius Freeport Developement Ltd – présent au rassemblement syndical organisé par General Workers Federation (GWF), Rezistans ek Alternativ et Cares au stade Nelson Mandela, Cité Vallijee – à refuser l’adoption des propositions figurant dans le premier draft agreement après cinq mois de négociations. Soulignons que le vote des travailleurs à cet effet s’est déroulé à bulletin secret.
Les travailleurs estiment également ne pas être suffisamment reconnus pour leur temps de service compte tenu de la proposition de 16 % d’augmentation salariale accordée à ceux comptant plus de six ans de service. Quant aux manutentionnaires, soit la catégorie de travailleurs la plus importante à la MFD, ils pointent du doigt le manque de considération de la direction à leur égard. Suite à ce revers essuyé à l’occasion de la fête du Travail, avec le draft agreement jeté à la poubelle, les négociations aborderont l’étape de la dernière chance dans les jours à venir. En effet le mercredi 7 mai la direction de la MFD et les représentants de la PLMEA auront droit à un dernier round de négociations en vue de trouver un accord susceptible de satisfaire les exigences des travailleurs.
« Nous espérons que le management a bien reçu le message des travailleurs avec ce vote significatif à l’occasion du 1er Mai. La MFD devra agir en conséquence faute de quoi nous nous dirigerons tout droit dans une impasse », fait-on comprendre du côté de la PLMEA. Une situation de deadlock voudrait simplement dire que le corps syndical s’engagera dans les meilleurs délais dans les procédures de grève. Il faut souligner que lors de la dernière assemblée des travailleurs de la MFD, ceux-ci ont donné le feu vert au tandem syndical PLMEA et General Workers Federation pour enclencher les procédures de grève, dans l’éventualité où les négociations seraient un échec. Cependant l’on n’en est pas encore à ce stade car pour l’heure les regards sont braqués sur les consultations de mercredi. Affaire à suivre…