Le bras de fer engagé par la direction de la Cargo Handling Corporation et la Port Louis Maritime Employees Association sur la question d’une révision des conditions d’emploi en faveur des travailleurs, place le port sous haute tension et entraîne dans son sillage de graves préjudices concernant les activités portuaires. Après un go-slow depuis ce début de semaine par les travailleurs, pénalisant du coup les opérations, la situation pourrait devenir des plus compliquées et embarrassantes dans ce secteur névralgique de l’économie avec la menace d’une grève générale illimitée qui se fait de plus en plus sentir.
À ce stade, la décision « to go forward » avec les procédures légales afin d’organiser cette action syndicale a été validée sans surprise en ce début d’après-midi au cours de l’assemblée générale des employés. Cette étape des plus déterminantes pour la suite de ce rapport de forces entre la Port Louis Maritime Employees Association (PLMEA) et la direction de la Cargo Handling Corporation (CHC) a vu les travailleurs respecter la tendance sur le terrain en votant massivement pour enclencher les procédures légales en vue d’utiliser cette arme syndicale qu’est la grève générale.
Dans une telle conjoncture, la Commission Conciliation et Médiation, qui a échoué dans sa tentative d’arriver à un consensus entre les deux parties lors des rounds de négociations, devra organiser dans les meilleurs délais un « strike ballot » dans le cadre légal. Au cours de cet exercice, les travailleurs devront passer au vote par bulletin secret pour confirmer ou non la tenue de cette action syndicale dans le secteur portuaire. Le dernier exercice de ce genre dans le monde du travail remonte à l’année dernière lors du grand conflit au sein de l’industrie sucrière.
L’autre fait important est qu’une motion a été présentée en ce début d’après-midi pour réclamer la tête du Managing Director, Gassen Dorsamy, surtout après que les choses se sont envenimées hier au cours d’une réunion sous haute tension à la CCM en guise de sortie de crise. Au cours des échanges, la CHC devait présenter ses propositions portant sur les nouvelles conditions d’emploi. « La direction de la CHC a fait preuve d’arrogance hier au cours de cette rencontre. Il y a actuellement une colère générale dans le port surtout après la présentation de ce rapport hier qui ne prend pas en considération les revendications majeures de la PLMEA. La CHC tente d’imposer des conditions de travail inacceptables et anticonstitutionnelles », déclare le syndicaliste Ashok Subron de la PLMEA.
Dans la conjoncture, l’instance syndicale réclame l’intervention du Premier ministre Navin Ramgoolam dans ce conflit industriel. « Nous lançons un appel au PM pour prendre des actions dans cette affaire, surtout contre le Managing Director Gassen Dorsamy », ajoute Ashok Subron. À noter que les revendications syndicales portent sur la mise en place d’une nouvelle structure pour les opérations en prenant en considération la revalorisation des tâches réalisées par les travailleurs manuels ; une hausse salariale de 20 % aux travailleurs du port ; une série d’améliorations et de changements dans les Conditions of Service ; une harmonisation du Pension Plan et la correction des anomalies rapportées par les travailleurs.