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Le Hotel Common Front, regroupant plusieurs syndicats du secteur de l’hôtellerie, monte au créneau pour dénoncer certaines pratiques dans le secteur. Le principe des “packages” pour éviter de payer les heures supplémentaires est ainsi fortement décrié. Selon la plateforme, une fois que les travailleurs ont accepté ce principe, l’employeur peut les faire travailler autant qu’il veut. Les employés du secteur sont appelés à être vigilants.

Le Hotel Common Front regroupe l’Organisation of Hotel, Private Club and Catering Workers Unity, la Private Club Employees Union et la Lux Hotels Employees Union. Selon le négociateur, Atma Shanto, les conditions de travail dans l’hôtellerie deviennent de plus en plus compliquées, avec des cas de violence répertoriés et, surtout, le principe des “packages”. « Maintenant, on s’arrange pour donner quelques roupies en plus à l’employé sur le salaire de base et, en retour, on lui fait faire autant de travail qu’on veut, sans avoir à payer les heures supplémentaires et sans respecter les heures de pause prévues par la loi », dénonce-t-il.

Le plus grave, dans cette situation, ajoute Atma Shanto, c’est que les employés n’ont pas leurs mots à dire. Ils doivent se plier aux conditions imposées par l’employeur. « C’est une forme déguisée pour les heures supplémentaires obligatoires, qui trouvent leurs sources dans la zone franche. Les employés d’hôtels travaillent donc, en dehors des heures normales, les dimanches et même quand il y a des avertissements de cyclone de classe trois ou quatre, sans percevoir un sou en plus. Ces conditions ne sont pas prévues dans la législation. »

Ce qui inquiète également dans ce secteur, poursuit le négociateur, c’est qu’il y a également eu des cas de violence verbale rapportée à la police, sans aucune suite. « Quand les travailleurs évoquent leurs droits, ils doivent subir toutes sortes de violences physiques et morales. Récemment, il y a eu deux plaintes à la police de Blue-Bay, mais à ce jour, nous ne savons pas où en est l’enquête. Idem pour le bureau du travail de Mahébourg, qui dit travailler toujours sur le dossier. Il y a un silence complice. » Dans un autre cas dans le nord, avance-t-il encore, la police a carrément renvoyé la balle à d’autres institutions, alors que la loi fait provision pour des enquêtes policières.

Le négociateur de la plateforme dénonce également le rôle de certains avocats qui organiseraient des ateliers pour « conseiller aux patrons comment bloquer les syndicats ». Dans la foulée, Atma Shanto s’interroge sur la nomination de l’avocat Nilen Vencadasmy en tant que président de la Mauritius Tourism Promotion Authority (MTPA). « Toutes les institutions attachées au tourisme sont gangrenées par les nominations politiques. Pourquoi nommer un candidat battu et un ancien maire comme conseiller ? C’est la compétence qui doit primer dans les institutions importantes, et non la politique. »

Le front commun annonce ainsi le début d’une campagne sur le terrain pour dénoncer la situation qui prévaut dans le secteur de l’hôtellerie. Une manifestation est prévue à Port-Louis, devant le ministère du Travail, le 5 mars prochain à 11h30.