L’inquiétude est grandissante à l’aéroport SSR chez les employés d’Airports of Mauritius (AML) et de la Mauritius Duty Free Paradise Shop (MDFPS). Les récentes révélations de Week-End concernant la situation au sein de ces deux compagnies auraient suscité de vives réactions au niveau de la direction, apprend-on. D’un côté, les décisions ont été gelées en ce qui concerne la révision des horaires de travail des Beauty Consultants et des Supervisors, employées à la MDFPS, alors que d’autres décisions, décriées par les employés, attendent d’être mises en pratique. De l’autre, une chasse à l’homme s’est déroulée à AML, le management se mettant en quête de ceux qu’il soupçonne d’avoir refilé des informations  à Week-End. Entre-temps, des mesures radicales ont été prises auprès des employés et des passagers, l’ordre venant de très haut, pour empêcher la propagation de nouvelles relatives à ces entreprises para-étatiques.
Les récents articles de Week-End sur la situation malsaine qui perdure à AML ont déclenché une chasse à l’homme. La direction de la compagnie a, en effet, entamé une enquête minutieuse en vue de remonter jusqu’à ceux qui ont osé faire part de leur triste sort à la presse. Pour rappel, les employés d’AML sont toujours dans l’attente de prendre connaissance du Terms and Conditions of Employment Report, commandité par l’entreprise au groupe Hay depuis janvier 2013. Plus d’un an après, ce rapport demeure un secret bien gardé, alors que le rapport du PRB aussi bien que le Errors and Ommission Report ont été appliqués dans d’autres secteurs dès l’année dernière. Les nombreuses demandes effectuées par les employés, incluant directeurs et autres managers, demeurant vaines, les employés d’AML ont choisi les colonnes de Week-End pour exprimer leur frustration, d’autant que si la révision salariale a été effectuée, le personnel se sent lésé car il ne peut bénéficier des avantages qui lui reviennent de droit et dont le rapport Hay devait faire état.
Selon nos informations, cette démarche a provoqué l’ire de certains et les directives viennent de très haut pour traquer les dénonciateurs. Si le board d’AML doit se rencontrer en début de semaine pour finaliser le rapport Hay, il nous revient que décision a déjà été prise depuis deux semaines de priver les employés et les passagers de toute lecture du journal Week-End, au sein de l’entreprise ou à bord des avions Air Mauritius. Dénonçant la terreur qui règne à AML, les employés soulignent leur inquiétude grandissante quant à leur avenir au sein de la compagnie para-étatique. Réclamant au plus vite la publication de ce rapport, ils espèrent entrevoir un assainissement de leur environnement professionnel où la dictature aurait pris le dessus, disent-ils.
Parallèlement, les employés de la MDFPS parlent de stabilisation en ce qu’il s’agit des « méthodes de terreur » dont ils ont fait les frais, ces derniers temps, avec l’arrivée au pouvoir du nouveau CEO. Alors que le syndicat a déclaré litige et projetait de servir une mise en demeure à la direction, concernant le nouveau roaster que voulait imposer le management sur les Beauty Consultants et les Supervisors, la direction de la MDFPS semble être revenue à de meilleurs sentiments avec un gel de la décision antérieure qui avait été prise. Ainsi, actuellement, Supervisors et Beauty Consultants ont gardé le même shift de travail que les autres employés de la MDFPS, soit deux journées de travail et deux jours de congé, étalés sur 40 heures de travail par semaine.
Si, pour l’heure, cette situation a pu être réglée, les employés de la MDFPS soulignent leur inquiétude quant à leur avenir au sein de la compagnie. Pour cause: un rapprochement inquiétant projeté avec d’autres compagnies mauriciennes opérant dans l’enceinte de l’aéroport SSR. En effet, alors qu’ils disposaient de leur propre moyen de transport organisé par leur entreprise, les employés de Fashion Style, dont l’un des propriétaires est Rakesh Gooljaury, voyagent désormais par les vans que la MDFPS met à la disposition de ses employés. Ce qui suscite davantage interrogations et inquiétude des employés de la MDFPS est qu’ils verraient prochainement leur allocation repas supprimé, les responsables estimant plus judicieux qu’ils s’alimentent auprès des restaurants les plus proches des boutiques hors taxes, soit ceux d’Airway Coffee. Se demandant « pour qui roule la MDFPS? », les employés de cette compagnie rappellent qu’ils touchent une allocation repas d’environ Rs 2000 mensuellement, soit Rs 125 par jour de travail.
« Lorsqu’on sait que, dans les restaurants appartenant à Mme Nandanee Soornack, les produits les moins chers – des snacks en sachet ou la plus petite boisson – sont facturés à pas moins de Rs 100 l’unité, on peut deviner à qui reviendra le pactole du monopole de la consommation dans ces restaurants qui sera imposée aux employés de la MDFPS », concluent-ils.