Depuis juin 2013, les employés de la Mauritius Duty Free Paradise Shop (MDFPS) attendent de recevoir une augmentation salariale. Leur salaire n’a pas été revu depuis la dernière hausse survenue en 2008. D’où leur frustration grandissante après plus de 8 mois d’attente du rapport effectué au nom de leur compagnie par l’agence Alentaris.  Après maintes réclamations auprès du management, le syndicat a finalement pu mardi dernier prendre connaissance du rapport soumis depuis plusieurs mois à la direction. Après analyse, lors d’une assemblée générale spéciale des membres du syndicat convoquée hier, ce rapport, n’étant pas à la satisfaction des employés, a été rejeté dans sa totalité. De nouvelles discussions avec Alentaris devraient être entamées au début du mois prochain.
C’est avec un sentiment de découragement total que les employés de la MDFPS qui ont participé à l’assemblée générale spéciale d’hier, ont repris le travail.  Pour cause, si leurs conditions de travail demeurent dans la plupart des cas, inchangés le rapport relatif aux Terms and Conditions of Work and Salary, préparé par la société Alentaris, n’est pas à la satisfaction des employés. Les litiges portent principalement sur la hausse salariale à hauteur de 24% et 10% de plus en fonction du coût de la vie, réclamée par les employées, qui a été retenue à 8% seulement dans le rapport. « C’est une aberration », estiment les employés, soulignant que la hausse salariale recherchée est justifiée en fonction du fait que leur salaire ne change que chaque cinq ans. Plusieurs autres anomalies ont été notées dans le rapport soumis par Alentaris, en l’occurrence en ce qui concerne le « grading » des employés, dont l’échelle a été réduite de 1à 8 à 1 à 6. « Alors qu’avant le grade d’un agent de sécurité était supérieur à celui d’un attendant, le rapport préconise aujourd’hui que ces deux postes soient au même grade. Idem en ce qu’il s’agit des employés officiant à la caisse dans les boutiques hors-taxes, que le rapport nomme désormais sales representatives », expliquent les membres du syndicat. Et d’ajouter qu’avec ces changements de grade, le rapport ne tient pas en compte une hausse de salaire de l’employé qui aurait grimpé en grade.
Plusieurs anomalies notées
Autre anomalie notée parmi d’autres, la base salariale pris en considération pour l’application de la hausse de salaire proposée par Alentaris. Selon le syndicat, les chiffres mentionnés dans le rapport ne sont pas conformes à la réalité des salaires perçus par certains employés. De même, s’agissant des Beauty Technicians, le rapport préconise que des recrutements seront effectués publiquement. Ce que contestent les employés, qui se disent frustrés que certains disposant de 20 à 25 ans de service au sein de l’entreprise ne puissent pas bénéficier de ces postes et des formations qui vont avec, suivant les recommandations du rapport pour que des recrutements soient faits en externe seulement. De même, selon ce rapport, plusieurs employés qui ont récemment été mutés, sans exercice d’évaluation ou de recrutements, de certains départements administratifs aux boutiques hors-taxes, devraient bénéficier d’une Fuel Allowance. Ce dont s’insurgent les employés de la MDFPS, qui se disent lésés dans cet exercice, selon eux, de « pick and choose » privilégiant des employés qui seraient, affirment-ils, proches des hauts gradés de la société. D’autant que les employés des boutiques n’ont pas eux la chance de postuler pour ces postes auxquels ces employés ont été mutés et dont certains ont été créés expressément pour cet exercice.
Compétition malsaine
D’où le rejet du rapport dans sa totalité par les employés de la MDFPS. Le syndicat qui a rencontré Gérard Bouic, Chief Executive Officer de Alentaris, mardi dernier lors de la soumission du rapport, a déjà fait état des récriminations des employés de la MDFPS. Cependant, en raison du déplacement à l’étranger de Gérard Bouic, les discussions devraient être réengagées à partir du 8 décembre entre le syndicat et Alentaris en vue d’une amélioration du rapport. Entre-temps, c’est dépités que les employés de la MDFPS – qui s’estiment lésés et frustrés d’avoir attendu 18 mois dans le vide et qui sont déjà frustrés de la division créée au sein de leur département et l’atmosphère malsaine qui règne dans les boutiques hors-taxes en raison de la compétition déclenchée parmi eux en raison du système de récompense, reconnaissable à travers un tagging, pour ceux qui font le plus de vente – s’adonnent au travail.