La magistrate Padmini Mauree, siégeant en Cour de district de Curepipe, a accordé le bénéfice du doute à une conductrice poursuivie pour conduite imprudente. Le fourgon qu’elle conduisait avait écrasé le gros orteil d’un agent de sécurité.
La conductrice se trouvait au volant du fourgon qui se déplaçait à environ 20 km/h en direction de Forest-Side, a-t-elle déclaré à la police, et venait de quitter le layby se trouvant devant le CEB quand elle a entendu un homme crier. En arrêtant son véhicule, elle a constaté qu’un homme avait le gros orteil droit ensanglanté et était groggy.
La conductrice l’a alors conduit au dispensaire le plus proche à Forest-Side. Puis, elle a accompagné des policiers sur les lieux de l’accident.
Lors de son contre-interrogatoire en cour, l’enquêteur a indiqué entre autres que le plaignant marchait quand une des roues du fourgon lui est passée sur le gros orteil. D’après les relevés de la police, l’accident s’est produit sur une aire de stationnement située à 1 m 20 du bâtiment abritant le CEB.
Le plaignant, lui, a expliqué que l’accident a eu lieu alors qu’il marchait à gauche, faisant face à Forest-Side le long de la route Royale, Curepipe. Il se trouvait sur un layby quand le véhicule lui est passé sur le pied droit, le projetant à terre. Il a affirmé que la conductrice parlait au téléphone. Et ce n’est qu’en se relevant qu’il a constaté que son gros orteil droit saignait. Poursuivant sa version des faits, il a indiqué que le fourgon s’est immobilisé et que sa conductrice est venue vers lui. Elle l’a ensuite conduit au dispensaire de Forest-Side. Après les premiers soins, il a rapporté l’affaire au poste de police de Curepipe et s’est ensuite rendu à l’hôpital Victoria, Candos, où l’on a noté une fracture à l’os de son orteil. Son ongle a dû être enlevé.
Lors de son contre-interrogatoire par l’avocat de la défense, la victime a refusé d’admettre qu’elle était groggy après une nuit de travail et n’a pas accepté qu’elle était responsable de l’accident. Le préposé à la sécurité a cependant donné différentes versions à la police et au tribunal quant au lieu exact où il se trouvait lorsque le van lui est passé sur le pied droit.
Dans son jugement, la magistrate a retenu qu’il n’y a pas de preuve tangible de « driving without due care and attention » de la part de la conductrice. Elle ajoute que l’agent de sécurité peut avoir été ensommeillé après une nuit blanche passée au travail, engageant ainsi sa part de responsabilité dans ce qui s’est produit.