Intervenant à la tribune de la Conférence des Nations unies sur les Changements Climatiques à Durban (Afrique du Sud) du 28 novembre au 9 décembre, le chef de la délégation mauricienne, Oomaduth Jadoo, Permanent Secretary au ministère de l’Environnement et du Développement durable, a révélé que Maurice subit déjà « les effets dévastateurs » des phénomènes météorologiques extrêmes dus aux changements climatiques. Parmi une diminution de 8 % de sa pluviosité annuelle.
« Maurice, comme les autres petits États insulaires en développement (Small Island Developing States — SIDS), fait déjà face aux effets dévastateurs des phénomènes météorologiques extrêmes (NdLR : dus aux changements climatiques). Nous subissons déjà une baisse d’environ 8 % dans notre pluviosité annuelle, une augmentation de la température de l’air de 1 degré Celsius, le blanchiment des coraux et une accélération de la montée du niveau de la mer de 3,8 mm par an a été observée durant ces cinq dernières années. Notre subsistance et notre survie sont en jeu », s’est alarmé le chef de la délégation mauricienne devant un parterre d’une centaines de délégués personnes venant d’une quarantaine de pays, réunies dans l’International Convention Centre de Durban (Afrique du Sud) pour la 17e Conférence des Nations unies sur les Changements Climatiques (Conférence des parties — CP17).
Cette conférence a vu la participation d’environ 30 000 délégués venant de 195 pays. Outre par Oomaduth Jadoo, Maurice était représentée par le Deputy Director au Département de l’Environnement, Santaram Mooloo, et le responsable de la Climate Change Unit au ministère de l’Environnement et du Développement durable (MoE & SD), Jugeshwar Seewoobaduth. Pris par ses obligations parlementaires dans le cadre des débats sur le Budget 2012, le ministre de tutelle, Deva Virahsawmy, n’a pu faire le déplacement.
Selon Oomaduth Jadoo, ce serait « irresponsable » de retarder davantage des réponses qui se font déjà attendre depuis longtemps. « Des efforts constructifs sont attendus de toutes les parties afin d’atteindre notre objectif principal de limiter le réchauffement global en deçà de 1,5 degré au-dessus de la température préindustrielle, en gardant la concentration des gaz (GES) à effet de serre en deçà de 350 parties par millions (ppm) », a-t-il exhorté.
Sur la plan de l’atténuation des impacts des changements climatiques, le chef de la délégation mauricienne a expliqué qu’une seconde période d’engagement par les pays développés « est une nécessité, et non une option ». « Les pays développés doivent se donner pour mission de tailler leur plan de réduction des émissions de GES en fonction des données scientifiques et de leurs responsabilités historiques. Car à ce moment critique de l’histoire de l’humanité, les pays développés doivent démontrer d’une part leur leadership et solidarité avec les pays les plus vulnérables et d’autre part un sens de compromis avec toutes les parties à la Conférence des Nations unies sur les Changements Climatiques (CNUCC) », a-t-il poursuivi.
Dans ce contexte, Oomaduth Jadoo a informé l’assistance que Maurice a fait du développement durable notre stratégie à long terme. Avec, entre autres, le projet Maurice Île Durable (Rs 1,3 Milliards), un National Programme on Sustainable Consumption and Production (SCP), un Food Security Fund, un plan intégré pour nos ressources en eau, un Integrated Coastal Zone Management Plan, des éco-villages et un Environmentally Sensitive Areas Management Plan. Sans compter d’autres projets tombant sous l’Africa Adaptation Programme, soutenu par le gouvernement japonais.
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Une avancée
Selon la presse internationale, la CP 17, la deuxième plus large réunion sur le sujet, a conclu une avancée en matière de réponse de la communauté internationale aux changements climatiques. Les négociations ont permis d’avancer, de manière équilibrée, sur la mise en application de la CNUCC et du Protocole de Kyoto, du Plan d’Action de Bali ainsi que les Accords de Cancun.
Les résultats de cette conférence inclus une décision des Parties à adopter, dès que possible, un accord universel légal sur les changements climatiques. La Présidente de la COP17/CMP17, Maite Nkoana-Mashabane, ministre sud-africaine des Relations internationales et de la Coopération, a déclaré : « Ce que nous avons atteint à Durban aujourd’hui jouera un rôle essentiel pour sauver demain. »