« Le premier responsable est Navin Ramgoolam lui-même et ensuite Hervé Aimée en ce qu’il s’agit du renvoi des élections. » Propos de Pravind Jugnauth, leader du MSM, qui animait une conférence de presse hier matin entouré de ses anciens ministres. Une occasion pour lui de critiquer et de soulever les lacunes du nouveau Local Government Bill qualifié de « révoltant. »
S’agissant des explications avancées par le Premier ministre Navin Ramgoolam, pour ne pas tenir les élections municipales dans le premier trimestre 2012, Pravind Jugnauth rappelle que, dans le passé, elles ont déjà eu lieu à plusieurs reprises dans le 1er trimestre. « Le 8 avril 1977, le 30 janvier 1993, le 5 avril 1998 et le 1er mars 2009 pour les élections partielles de Moka/Quartier Militaire. » Pour lui, l’attitude adoptée par Navin Ramgoolam démontre qu’il est « déboussolé et n’a aucun respect pour la démocratie. » Ironisant sur la « loi révolutionnaire » d’Hervé Aimée, Pravind Jugnauth soutient qu’elle est, en fait, une copie conforme de draft bill circulé en 2009 par James Burty David.
Au chapitre de la discrimination positive à l’égard des femmes, le leader du MSM se dit d’accord de la bonne dose de proportionnelle. « Li ti naturel ek normal pu soutenir proposition, me puiske pe chanz Constitution, ti enn occasion en or pou applik li pou elections zenerales. Sa ti pas-la ti kapav enn giant leap forward », dit-il.
Le MSM estime, par ailleurs, que cette loi constitue un manque de respect à nos institutions, notamment à la Présidence. Expliquant les procédures qui n’ont pas été suivies à la lettre, Pravind Jugnauth dit que c’est un recul à ce qui a été institué par le MMM/MSM en 2003.
S’agissant de la section 117 du bill, le leader des oranges soutient que c’est une mainmise du ministre pour toute demande d’application. « Gouvernma pe victimise syndicalistes, aster-la li pou nepli ena juste enn droit de regard mais l’occasion pou intervenir san ki district council kapav fer kitchose. » Il trouve d’autant plus « révoltant » la présence de la fille du ministre d’Hervé Aimée sur le board de la Unified Local Government Commission.
Concernant l’utilisation des langues française et anglaise au niveau des conseils, le leader du MSM trouve qu’on aurait dû promouvoir le créole et le bhojpuri surtout lorsque l’on sait que beaucoup ont du mal à s’exprimer en anglais et en français.
Enfin, en ce qu’il s’agit de l’interdiction d’un parlementaire de se porter candidat aux élections municipales, Pravind Jugnauth dit que cette interdiction porte atteinte à la démocratie.
Au chapitre de la fraude et de la corruption, le leader du MSM considère aberrant que les conseillers trouvés coupables de conflits d’intérêts puissent s’en sortir avec une amende de Rs 100,000 alors que selon lui, on aurait dû juger au niveau du Prevention of Corruption Act. « Li revoltant ala ki combat pe rode mener dan fraude ek corruption. Ek mo maintenir ki lexemple Bebeejaun enn lexemple irrefutable. »   
Pravind Jugnauth soutient que son parti agit en toute synergie avec le MMM. Ainsi, il a été décidé que les conseillers du MSM démissionneront en signe de protestation du renvoi des élections.
Dans un autre ordre d’idées, le leader du MSM a commenté le cas de Rehana Ameer, déplorant sa réintégration non à Réduit mais au Cerné House à Port-Louis. Commentant le volumineux rapport de la Commission Justice et Vérité, il a indiqué que le MSM fera part de ses observations après l’avoir étudié en profondeur.
Pravind Jugnauth est ensuite revenu à la charge quand au dossier Raynaman, qui fournit ses produits au Mauritius Duty Free. Il a maintenu que la compagnie Dufry sera retenue suite à l’appel d’offres lancé.