« Gandhi never gets outdated. Peu importe le temps ou le problème, ses idées demeurent pertinentes ». Tel est l’avis de Shri Kumar Prashant, Chairman de la Gandhi Peace Foundation, New Delhi, qui a animé une conférence lundi au Mahatma Gandhi Institute dans le cadre du 148e anniversaire de naissance de l’apôtre de la non-violence. Let us know this Mahatma Gandhi – A man of steel, determination, innovation and struggle était le thème de son intervention.
« Gandhi ne demande que deux choses : la vérité et la bravoure. If you are not a coward and not a cheat, you can easily connect to Gandhi », soutient Kumar Prashant. Quel est l’intérêt de parler d’un homme qui est né il y a 148 ans de cela, devait-il ainsi lancer à son auditoire. Peu importe le temps et l’enjeu en question, les idées de l’ascète indien font toujours sens, dit-il. Certains ont même été jusqu’à le comparer à Jésus qui s’est sacrifié pour l’humanité. « Si vous créez un monde sans abus et sans violence, vous trouverez cet homme. La vie de Gandhi était faite de 90 % de pratique et de 10 % de discours. Si vous ne pratiquez pas les idées de Gandhi, vous ne comprendrez pas. Si vous les pratiquez, vous y trouverez chaque fois un sens nouveau ».
Le 2 octobre, anniversaire de naissance de Gandhi, est aussi le jour décrété mondialement comme la Journée de la non-violence. Kumar Prashant devait parler du parcours d’un homme très ordinaire qui est devenu une sommité. « On ne parle pas souvent de la jeunesse de Gandhi. Or, l’homme est passé par toutes les étapes de la vie ».
L’orateur a rappelé le séjour de Gandhi en Afrique du Sud, lequel devait déclencher sa lutte pour la justice. Gandhi avait alors 26 ans à peine. « Il y avait de nombreux Indiens qui y faisaient du commerce. Ils étaient tous victimes d’une manière ou d’une autre de discrimination. Puis, il y a eu ce fameux incident dans le train où Gandhi fut débarqué de force même s’il avait son ticket de première classe. Le contrôleur lui demande son ticket. Gandhi le lui montre et lui dit qu’il est entièrement autorisé à y voyager. Le contrôleur jettera et le ticket et Gandhi hors du train. Le jeune homme était forcé à sortir du train au milieu de la nuit. Cette injustice a fait émerger un nouvel homme le matin suivant. Gandhi décida de combattre cette injustice. Il organisa la communauté indienne en Afrique du Sud ». Lorsque viendra le moment de choisir son arme de bataille, « Gandhi se dit qu’il utilisera un nouvel instrument. Il dit à ses hommes : “Vous serez mes armes. Je n’ai besoin d’aucune arme que les hommes”. Il n’allait pas combattre une bataille perdue ».
Kumar Prashant devait aussi rappeler que lorsque Gandhi quittera l’Afrique du Sud, il laissera un mode de pensée et d’action qu’on retrouvera dans certaines luttes, particulièrement celle de Nelson Mandela.
Pour Kumar Prashant, « Gandhi n’avait jamais ambitionné de devenir président de l’Inde mais il luttait pour la justice et pour la dignité humaine. Pour lui, la bravoure ne se situe pas dans la capacité de tuer les autres mais dans la capacité d’être prêt à se faire tuer. Gandhi n’était pas un grand philosophe ni un grand scientifique ni un très grand savant. Mais, comment expliquer que tous se réfèrent à lui aujourd’hui ? » Ce qui fait que le chef du mouvement pour l’Indépendance de l’Inde soit si spécial, selon l’intervenant, « c’est qu’il était un homme très ordinaire. Les personnes ordinaires parviennent à se retrouver facilement en lui. Il était simple. Ses règles et ses moyens étaient simples ».