Drug Policies : Impact on health and society. Tel était le thème d’une conférence-débat organisée la semaine dernière par les ONG Cares, Collectif Urgence Toxida, PILS et la Nursing Association. S’appuyant sur des rapports internationaux, Nathalie Rose, Advocacy Officer à PILS, a soutenu qu’il y a « un lien direct entre les politiques répressives et le VIH/sida ». Malgré les politiques de répression dans le monde, en dix ans, la consommation de rogue et les variétés de drogues ont augmenté. « Pour PILS, avant d’introduire une politique, il faut évaluer si la prison freine la drogue. Quelles conséquences la drogue a-t-elle sur la santé et la vie d’une personne ? La prison est-elle cost-effective ? » devait-elle lancer.
Ayant commencé par définir le terme « drogue », Nathalie Rose dira que « c’est une substance qui, une fois consommée, a un effet sur notre cerveau et modifie notre humeur, notre comportement et notre raisonnement. Il existe des drogues légales et des drogues illégales ». Cette conférence était surtout axée sur les drogues illégales. Quant aux politiques concernant la drogue, devait-elle expliquer, « c’est la vision qu’a le gouvernement pour gérer le problème. Il existe des pays qui ont des politiques moins répressives, plus axées sur la santé et d’autres pays qui sont ultra-répressifs ».
Dans le monde, devait-elle relever, citant les chiffres du World Drug Report 2015 (UNODC), 11 % des toxicomanes sont des consommateurs problématiques, « c’est-à-dire, qui ont besoin de la drogue pour fonctionner », et le reste des consommateurs non problématiques. « La majorité de ceux qui consomment la drogue illégale ne sont pas des consommateurs problématiques. Cela ne les empêche donc pas de fonctionner et de contribuer à la richesse du pays. » Selon les données sur la consommation régulière (au moins une fois par mois) des drogues à Maurice en 2015, 41 % des consommateurs avaient recours à l’alcool ; 38 % à la cigarette ; 15 % au gandia ; 3 % au “brown sugar” et 2 % au cannabis synthétique. Quant à ceux qui se font des injections, 80 % avaient fait de la prison et un détenu sur cinq était atteint du VIH/sida. « En prison, il n’y a ni seringue ni d’aiguille propre. Si nous envoyons une personne qui se pique en prison, rien ne dit qu’elle arrêtera de le faire. » Pour Nathalie Rose, il existe un ainsi lien direct entre les politiques de répression et le VIH/sida et l’hépatite C.
S’appuyant sur la Global Commission on Drug Policy, elle a expliqué comment la répression peut augmenter le taux de VIH/sida. « Quand une personne consomme de la drogue illégale, elle se cachera et elle ne viendra pas demander des seringues propres dans les centres de santé. Elle risque d’être arrêtée pour possession de seringue. Plus il y aura répression, moins ces personnes seront encouragées à aller vers ces centres de santé. » Concernant des restrictions sur le programme de méthadone, « les risques que ces personnes ne puissent traiter leur dépendance augmentent. Elles peuvent contracter des maladies. En prison, il n’y a ni seringue propre ni préservatif. »
Nathalie Rose a poursuivi en reprenant les paroles de la Global Commission on Drug Policy : « La répression ne parvient pas à faire baisser la consommation de drogues. Les utilisateurs de drogues ne devraient pas être envoyés en prison. » En effet, en dix ans, selon les rapports internationaux, la consommation dans le monde des multiples variétés de drogues a augmenté malgré les répressions. Et d’interpeller le public et les autorités : « Si votre enfant était toxicomane, qu’est-ce qui, selon vous, l’aiderait : un médecin ou un casier judiciaire ? »