Le ministre des Affaires étrangères Étienne Sinatambou participe depuis hier à une réunion ministérielle des États membres de l’Union africaine (UA) à Nairobi, Kenya. Cette réunion s’inscrit dans le cadre des préparatifs en vue de la tenue de la 10e Conférence ministérielle (MC10) de l’Organisation mondiale du Commerce (l’OMC), qui se tiendra aussi à Nairobi du 15 au 18 décembre de cette année. Ce sera la première conférence ministérielle de l’OMC qui se tiendra dans un des pays membres de l’UA.
Le continent africain a des inquiétudes sur la mise en oeuvre de plusieurs décisions de l’OMC portant sur les intérêts de l’Afrique, et c’est dans ce contexte que l’UA a convoqué cette réunion ministérielle informelle pour faire un constat de l’évolution des négociations à l’OMC sur l’Agenda de Doha pour le Développement (DDA) et réaffirmer les positions prises et les décisions ministérielles successives visant à placer le développement au coeur des négociations à l’OMC.
Cette réunion ministérielle devrait aussi souligner les préoccupations des pays africains quant au manque de volonté de certains pays membres de l’OMC pour la mise en oeuvre des décisions prises à Bali, comme donner une valeur contraignante à certaines mesures jusqu’ici non obligatoires pour les pays les moins avancés (PMA). Elle devrait aussi souligner la préoccupation de l’Afrique sur l’absence de progrès dans les négociations à l’OMC, et exhorter les États membres à s’engager activement pour une approche équilibrée et la rédaction d’un programme de travail post-Bali significatif.
Plusieurs questions importantes pour l’Afrique devront être au coeur des discussions pour la MC10 de l’OMC, notamment la ratification par les États membres de l’accord sur la facilitation des échanges (TFA) en vue de son entrée en vigueur, la prolongation des mesures sur le commerce électronique, les facilités en matière d’accès aux produits pharmaceutiques pour les PMA, la prolongation de la période d’acceptation pour l’entrée en vigueur de l’Accord sur les Aspects des Droits de Propriété intellectuelle (ADPIC) et sur la santé publique, entre autres.
La Déclaration de Bali, qui date de décembre 2013, prévoyait qu’un programme de travail sur les questions en suspens devait être rédigé avant décembre 2014. Cependant, le 27 novembre dernier, le conseil général de l’OMC a agréé à une nouvelle échéance à fin juillet 2015. Aucun consensus n’a été trouvé jusqu’ici. Le directeur général de l’OMC a invité les pays membres à travailler d’arrache-pied vers un programme de travail pour essayer de résoudre les diverses problématiques de l’Agenda de Doha pour le développement (DDA).