« L’espérance de vie moyenne pour Maurice, qui était de 69 ans en 1990, est passée à 74 ans en 2014. » C’est ce qu’a déclaré le Premier ministre, sir Anerood Jugnauth, hier à l’ouverture de la conférence réunissant les ministres de la Santé de l’Organisation mondiale de la santé pour la région africaine, soit des PEID (Petits États insulaires en développement). Néanmoins, selon le Premier ministre, tous les bénéfices de santé qu’a connus le pays au fil des années ont été minés par la prévalence des maladies non transmissibles, dont les plus fréquentes sont le diabète, les maladies cardiovasculaires et le cancer. Ce qui l’a amené à dire que « le défi majeur qui nous guette est de garder sous contrôle l’incidence des maladies transmissibles ».
Le Premier ministre ouvrait hier la 5e édition de la rencontre entre les ministres de la Santé des PEID, qui se tient cette fois à Maurice, à Balaclava. Selon sir Anerood Jugnauth, l’amélioration des conditions et de la qualité de la vie de même que la gratuité des services de santé dans les hôpitaux sont à la clé de l’augmentation de l’espérance de vie moyenne à Maurice. « Les statistiques concernant la santé maternelle et infantile ont atteint des niveaux comparables à ceux des pays développés. Le taux de morbidité et de mortalité prématurée associées à des infections, maladies parasitaires et d’origine hydrique a considérablement diminué. » Le dernier cas de poliomyélite, poursuit-il, a été notifié en 1965. « La certification de Maurice comme une zone exempte de poliomyélite est en cours. D’autres maladies transmissibles – telles la rougeole, les oreillons, la rubéole et la tuberculose – sont sous contrôle. Il est important que nous restions vigilants contre les maladies infectieuses émergentes et il est essentiel que le réseau de surveillance contre les maladies transmissibles soit renforcé. »
Selon le Premier ministre, Maurice s’est dirigée vers la lutte contre les maladies non transmissibles. « Non seulement nous sommes en train de nous focaliser sur des campagnes de sensibilisation pour aider la population à changer son style de vie et son mode alimentaire, mais nous investissons aussi dans des soins de santé dernier cri en vue de répondre à la demande croissante pour des chirurgies et des traitements. » Il a ainsi cité, comme exemples, le projet de deuxième centre de chirurgie cardiaque et le nouveau centre dédié aux cancers, « qui sera doté de logistiques et d’équipements de pointe », ajoutant : « Nous offrirons des glucomètres gratuitement aux diabétiques qui reçoivent des soins à la maison, dans un premier temps. »
La santé des enfants ne sera pas en reste. Sir Anerood Jugnauth explique : « Nous sommes fort conscients qu’améliorer la santé des enfants est vital. Maurice a un bon bilan en matière de santé des enfants avec des réalisations remarquables au cours des deux dernières décennies. Depuis 1990, le taux de mortalité infantile pour mille naissances a diminué de près de 29%. Nous nous engageons à ramener davantage à la baisse ce taux. »
Des problèmes de santé concernant les enfants restent toutefois à revoir, selon SAJ, à l’exemple de l’obésité et d’autres problèmes liés à l’exposition aux téléphones cellulaires et autres gadgets électroniques, dont les jeux vidéo et la télé. De plus, les problèmes de drogue et d’alcool liés à l’enfance et à l’adolescence « requièrent aussi notre attention de manière urgente ». Le premier ministre a dit espérer que cette rencontre entre les ministres de la Santé des PEID saura contribuer à développer des réseaux de contacts et renforcera la coopération dans le domaine de la santé.