Pour la 10e séance de la 101e session de la conférence internationale du Travail à Genève, le ministre Shakeel Mohamed a passé en revue plusieurs thèmes d’ordre socio-économique. Parmi eux : la crise de l’emploi chez les jeunes, les projets de migration circulaire et la politique de Maurice afin de devenir une « Île durable » grâce à la promotion d’emplois verts. Le ministre devrait être de retour au pays en début de semaine prochaine.
Une délégation mauricienne – composée de hauts-cadres du ministère du Travail – a pris l’avion la dernière semaine de mai. Direction : Genève. Objectif : participer à la 10e séance de la 101e session de la conférence internationale du Travail, dont le coup d’envoi a été donné le 29 dernier. Ils auront ensuite été rejoints le 7 juin par Shakeel Mohamed, attendu dans un premier temps pour des sessions plénières.  Au début de son intervention en fin de semaine dernière, à l’occasion du Tenth Sitting de la conférence, le ministre du Travail a expliqué que la décision d’inscrire la crise de l’emploi des jeunes à l’ordre du jour vient à point nommé, compte tenu des taux élevés de chômage des jeunes dans le monde. « Tous les pays du monde sont confrontés à ce problème, auquel mon pays a décidé de s’attaquer avec beaucoup de détermination. Dans notre récent programme gouvernemental pour la période 2012-2015, nous avons décidé d’attaquer ce problème en élaborant un plan national triennal pour l’emploi des jeunes », devait soutenir le ministre.
Selon ce dernier, ce programme vise à lutter contre le chômage des 16-25 ans en leur offrant notamment des possibilités d’apprentissage, de formation et de placement. « Nous nous efforçons également de leur trouver un emploi après leur période d’apprentissage dans différents secteurs de l’économie », a poursuivi Shakeel Mohamed. Poursuivant sur le volet de la migration circulaire, il a indiqué que le gouvernement est à pied d’oeuvre pour la réalisation de plusieurs projets. C’est ainsi, dit-il, que Maurice a signé des accords bilatéraux avec un grand nombre de pays « amis », comme le Canada, la France ou encore l’Italie, pour ne citer que ceux-là. Sans compter un accord prochain prévu avec les Émirats arabes unis.
Au sujet : le projet « Maurice île durable », avec la promotion d’emplois verts. Car pour Shakeel Mohamed, pour tous les petits États insulaires comme Maurice, « toute politique d’emploi doit être durable », tant sur le plan économique que social et écologique.  « Je voudrais remercier l’OIT pour son appui à Maurice, qui s’efforce de devenir une île durable grâce à la promotion d’emplois verts, qui permettront de créer des emplois alternatifs moins nocifs pour l’environnement », a fait comprendre le ministre.
Brossant un tableau de la situation économique, Shakeel Mohamed a souligné que, « malgré les difficultés » dans le monde, Maurice a non seulement pu rester un État providence – en assurant la gratuité des soins de santé, de l’enseignement et du transport pour les étudiants et les personnes âgées, ainsi qu’un système de sécurité sociale –, mais que le pays va plus loin encore en consolidant la protection sociale, en particulier pour les groupes les plus vulnérables. Et de rappeler que Maurice a achevé toutes les procédures nécessaires pour la ratification de la Domestic Workers Convention, 2011 (No 189), adoptée l’année dernière.
En conclusion de son intervention, Shakeel Mohamed a exprimé sa reconnaissance au directeur général sortant du BIT, Juan Somavia. « C’est un homme animé d’une vision d’avenir, qui a ouvert la voie à une nouvelle ère alors qu’il était à la tête du BIT. Il laissera sans aucun doute une empreinte indélébile et il nous sera difficile d’oublier tout ce qui a été réalisé sous sa direction. » Le ministre n’a toutefois pas manqué de féliciter son successeur, Guy Ryder, et d’assurer son soutien ainsi que celui du gouvernement dans l’accomplissement de ses responsabilités.