Régulateur, banquiers et experts en finance basés à Maurice ont soutenu avec force, hier après-midi, que Maurice dispose de tout un écosystème (tout un ensemble de cadres légal et régulatoire, de régime fiscal, de produits et services) pour pouvoir jouer avec efficacité le rôle de pont pour les investisseurs qui souhaitent pénétrer ou développer leurs opérations en Afrique.
« Nous sommes à la croisée des chemins, l’Afrique représente une chance pour Maurice qu’il faut absolument saisir », a déclaré Marc Hein, juriste et président de la Financial Services Commission (FSC), lors d’une des sessions organisées dans le cadre de la conférence du Board of Investment (BoI) sur l’investissement privé (Private Equity) à l’hôtel Intercontinental.
Emboîtant le pas à Gregory McGowan, directeur et vice-président exécutif de Templeton Worldwide, l’un des gros gestionnaires de fonds aux Etats-Unis, qui avait exhorté les opérateurs locaux à « toujours se réinventer », Marc Hein a situé la place qu’occupe aujourd’hui le secteur du Global Business dans l’économie mauricienne avec ses quelque 24 000 sociétés enregistrées.
Pour le président de la FSC, ce secteur repose sur une économie réelle, « une économie diversifiée », précisera Rama Sithanen, ancien ministre des Finances et président d’International Financial Services (IFS), une management company du secteur du Global Business.
Et Marc Hein et Rama Sithanen ont mis l’accent sur les avantages qu’offre le centre financier mauricien à l’investisseur qui souhaite pénétrer dans le marché africain. Marc Hein s’est appesanti sur le cadre juridique, les possibilités d’utiliser Maurice pour l’arbitrage des litiges à caractère commercial, alors que Rama Sithanen a fait ressortir que l’heure est venue de se tourner résolument vers l’Afrique, où le retour sur l’investissement pourrait se réveler supérieur à celui offert ailleurs.
Le président d’IFS a cependant observé qu’il y a des risques associés à tout investissement mais qu’il faut savoir bien les gérer. En signant plusieurs accords de promotion et de protection de l’investissement avec des pays africains, en sus des traités de non-double imposition, Maurice propose des garanties aux investisseurs étrangers qui ont l’intention de structurer leurs investissements à partir du centre financier mauricien. Rama Sithanen a également parlé du régime fiscal compétitif régissant les opérations faites à partir de Maurice.
Pour Richard Arlove, CEO d’Abax Corporate Services, Maurice a la capacité d’offrir aux investisseurs tournés vers l’Afrique bien plus que les services déjà offerts à ceux qui sont orientés vers le marché indien. Richard Arlove a élaboré sur les divers services administratifs disponibles dans la juridiction mauricienne et a estimé qu’il faut développer davantage les produits financiers.
« L’écosystème est en place », a indiqué James Benoit, CEO d’AfrAsia Bank, qui s’est référé aux incitations à l’investissement qui sont proposées aux gens fortunés (High Networth Individuals). James Benoit a fait état des différents produits de financement et des capacités d’AfrAsiaBank à jouer le rôle d’intermédiaire pour lever des capitaux en faveur des investisseurs.
Maurice, a observé par ailleurs Sridhar Nagarajan, CEO de la Standard Chartered Mauritius), est une « robust juridiction for managing investments into Africa. » Il a laissé entendre que sa banque a investi environ $ 50 millions dans ses opérations locales au cours des trois dernières années, cela parce que la direction de l’institution financière britannique est convaincue que Maurice peut jouer le rôle de plateforme financière pour l’Afrique.