L’innovation a fait l’objet la semaine dernière d’une conférence organisée par le Mauritius Institute of Directors (MIoD) dans le cadre de la semaine suisse à Maurice. Cette activité avait pour but de renforcer les liens entre ce pays et Maurice, particulièrement dans le domaine de l’innovation. Une des idées forte aura été que « l’innovation ne passe pas uniquement par des initiatives isolées, mais par la création d’un écosystème favorable ». À ce titre, Fernandez Zara, directeur exécutif du MIoD, qui était également modérateur à la conférence organisée à l’Hennessy Park Hotel, considère que « l’innovation nécessite une approche holistique ».
« La conférence a fait ressortir le besoin d’aborder l’innovation de manière holistique, notamment en prenant en considération des facteurs institutionnels, la nécessité d’encourager la recherche et le développement, l’importance de développer le talent et d’assurer l’ouverture aux talents étrangers, tout en respectant l’environnement », estime Fernandez Zara. Dans le but d’assurer un suivi de la conférence, comme suggéré dans un des débats, le MIoD envisage la possibilité d’organiser en novembre une rencontre qui prendra la forme de consultations élargies et qui incluraient diverses parties prenantes pour reprendre les éléments discutés lors des débats et les élargir en un plan d’action coordonné pour Maurice.
La conférence de la semaine dernière regroupait des panélistes de haut niveau, notamment la présidente de la République, Ameenah Gurib-Fakim, Walter Steinlin, président de la Commission Technologie et Innovation de Suisse, Jacques d’Unienville, CEO d’Omnicane, Jimmy Khan, CEO de Lafarge, Vincent Chatard, COO de la MCB, et Gerhard Pienaar, Deputy Head – Economic Cooperation du Secrétariat d’Etat à l’économie suisse (SECO), en Afrique du Sud. Le ministre de la Technologie, de la Communication et de l’Innovation, Yogida Sawmynaden, était aussi présent pour le discours d’ouverture de la conférence.
Lors du premier débat regroupant Omnicane, Lafarge, la MCB et SECO, les représentants des entreprises du privé ont fait ressortir l’importance et la difficulté de recruter des talents, élément « extrêmement important » dans la promotion de l’innovation. Cela passe par la formation, le développement poussé de l’éducation tertiaire ou en créant des opportunités pour récupérer les diplômés partis à l’étranger. Il est aussi important, ont souligné les orateurs, de faciliter l’ouverture à l’expertise étrangère.
Lors du deuxième débat, qui mettait en scène la présidente de la République Ameenah Gurib-Fakim et Walter Steinlin, il est principalement ressorti qu’il est « important de créer un dialogue avec la Suisse dans le but d’identifier les lacunes à Maurice et de trouver des moyens de les combler ». Parmi les éléments mentionnés comme étant « essentiels à l’innovation », on retrouve le financement de la recherche, « surtout là où un pays ne peut dépendre à des ressources naturelles », à l’instar de Maurice et de la Suisse. La Suisse et Maurice ont en effet plusieurs similitudes, tous deux étant de petits pays et ne pouvant donc pas forcément dépendre de leurs ressources naturelles. La Suisse comme Maurice doivent donc faire preuve d’innovation pour se diversifier ou se réinventer.
La “Conference on Innovation : a Swiss-Mauritian perspective” a été initiée sous la plateforme « advocacy » du MIoD. Cette plateforme fait partie de la nouvelle stratégie de l’institut et a pour but d’identifier les thèmes clés touchant à la croissance de l’économie mauricienne.