« L’heure n’est plus aux débats, mais à l’action. La COI et ses membres des Petits États insulaires en développement (PEID) demandent à la communauté internationale d’instaurer un traitement spécifique et différencié pour les PEID », a déclaré Jean-Claude de l’Estrac, secrétaire général de la Commission de l’océan Indien (COI), qui a fait un plaidoyer pour les PEID lors de la 3e conférence internationale des Nations Unies aux Samoa.
Le discours de Jean-Claude de l’Estrac s’articule autour de quatre principaux points. Ainsi, la COI demande premièrement qu’une liste « crédible » de PEID soit agréée. En effet, plusieurs listes existent mais certains PEID ne sont ni des îles, ni en développement, ni même petits.
La COI se dit aussi en faveur d’une diplomatie des PEID en vue d’une juste prise en compte des intérêts spécifiques des PEID dans les forums internationaux. « Cette action prend toute son importance dans l’optique de la définition de l’agenda pour le développement post-2015, qui préconise la facilitation de l’accès aux nouvelles sources de financement multilatéral, qui tient aussi une place importante pour les PEID. Elle permettra, entre autres, que notre région puisse mettre en oeuvre des programmes disposant de financements alloués sous le Fond d’adaptation. » Enfin, la COI souhaite qu’un nombre raisonnable de mesures d’appui dédiées aux PEID soient prises à la suite de la conférence. Elles devraient viser prioritairement les domaines du commerce international et de la finance, des technologies et de l’énergie, du changement climatique et de la pêche.
Selon Jean-Claude de l’Estrac, ce plaidoyer complète les actions de la COI à la conférence internationale des Nations Unies sur les PEID. Les membres de la délégation de la COI ont en effet participé à plus de 20 événements pour mettre en valeur l’Indianocéanie afin de lui ouvrir d’autres opportunités pour le développement.
Jean-Claude de l’Estrac a rencontré son homologue de la conférence des Nations Unies sur le commerce et le développement (CNUCED). Cette agence des Nations Unies soutient l’argumentation de la COI. Une collaboration rapprochée est souhaitée par les deux organisations.
Dans le domaine de la résilience face au changement climatique, la COI a eu plusieurs rencontres avec le Secrétariat du Pacifique et son Programme régional pour l’environnement (SPREP), la Communauté caribéenne et son centre régional sur le changement climatique (CCCCC), le Commonwealth, le Département des affaires économiques et sociales des Nations Unies (UNDESA), l’Organisation mondiale de la météorologie (OMM) ainsi que le partenariat insulaire (GLISPA). Un protocole d’accord a été signé entre la COI et l’OMM afin de faciliter le renforcement des compétences météorologiques pour une meilleure prévision, recherche et préparation contre les aléas climatiques dans l’Indianocéanie.
En ce qui concerne le secteur privé, la COI est intervenue lors d’un dialogue de haut niveau organisé par le Bureau du haut représentant des Nations Unies pour les pays les moins avancés, les pays en développement sans littoral et les PEID (OHRLLS). Le secrétaire général de la COI a insisté sur la responsabilité politique dans l’amélioration de la connectivité aérienne, maritime et numérique, qui est un outil de facilitation indispensable des activités du secteur privé et touristique pour le développement.
Dans le domaine du tourisme, la COI a participé à des discussions ministérielles initiées par l’Organisation internationale de la Francophonie (OIF). Lors de cette rencontre, le secrétaire général a réitéré à Annick Girardin, secrétaire d’État chargée du développement et de la francophonie, l’importance qu’il accorde à la langue française.
En matière de culture, cinq traditions de l’Indianocéanie ont été mises en valeur dans un film réalisé avec le concours de l’Unesco : le grand mariage des Comores, le “famadiana” de Madagascar, le divali de Maurice, la “fèt kaf” du 20 décembre à La Réunion et le “festival kreol” des Seychelles. « Ces traditions font partie de notre identité indianocéanique, notre héritage. Cette conscience collective d’héritage commun nous pousse à collaborer plus étroitement parce que nous savons de ce fait que nous formons une communauté de destin », explique Jean-Claude de l’Estrac.
Une réunion de travail avec le secrétariat du Commonwealth a permis aux deux entités d’identifier plusieurs axes de coopération, notamment pour renforcer les capacités d’adaptation au changement climatique et pour faciliter l’accès aux fonds pour le développement durable. Dans ce contexte, la COI collaborera avec le secrétariat du Commonwealth pour la mise en place d’un centre sur le changement climatique à Maurice. La délégation a finalement animé un événement intitulé “La coopération régionale : passerelle pour le développement de partenariats dans la région océan Indien”. Cette opportunité a été l’occasion de célébrer les réussites de la COI et faire valoir son expertise.