Le Premier ministre indien, Narendra Modi, a déclaré hier, à l’inauguration de la 10e conférence internationale sur l’hindi qui s’est ouverte à Bhopal, en Inde, qu’il a appris cette langue durant son enfance alors qu’il vendait du thé. La ministre de l’Éducation, Leela Devi Dookun-Luchoomun, dirige une importante délégation mauricienne, qui comprend aussi le président de la Government Hindi Teachers’ Union (GHTU), Suttyudeo Tengur, à cette conférence qui prend fin samedi.
« Ma langue maternelle est le gujrati, pas l’hindi », a déclaré Narendra Modi, « mais je l’ai appris en vendant du thé ». Ceux qui vendent du lait à Mumbai sont de l’État d’Uttar Pradesh, dit-il. « Ils avaient l’habitude de venir au village acheter des buffles chez les éleveurs locaux et de les transporter par train. Je leur vendais du thé et j’ai appris l’hindi avec eux ». Mettant l’accent sur l’importance de la langue hindi, le Premier ministre indien a ajouté qu’il lui arrive de se demander « ce qui aurait pu se produire si je ne connaissais pas l’hindi ». « Comment aurais-je pu les comprendre ? Je connais la force d’une langue ». Sur un ton humoristique, il a affirmé dit qu’au Gujerat, les gens ne se querellent pas en gujrati, ils le font en hindi car ils transmettent mieux leurs sentiments dans cette langue.
Pour Narendra Modi, chaque État indien possède un trésor de langues. « Si nous mélangeons quelques mots de l’hindi avec elles, comme un instrument pour les connecter toutes, notre langue sera enrichie ». Il a mis l’accent sur la nécessité de faire des efforts concertés afin de promouvoir et d’enrichir l’hindi. « Ensemble avec l’anglais et le mandarin, l’hindi deviendra une langue très influente dans le monde digital dans les jours à venir ». Le PM indien a appelé à des initiatives pour préserver les langues qui sont menacées de disparition, dont le nombre est de 6 000 à travers le monde. « Si nous ne prenons pas cette alerte au sérieux, ces langues vont être reléguées à l’histoire car sans langue, il n’y a pas de littérature », a-t-il fait ressortir, avant d’ajouter : « Si nous oublions l’hindi, ce sera une grande perte pour l’Inde. »
Narendra Modi a aussi raconté comment il a témoigné de l’importance grandissante de l’hindi dans les pays qu’il a visités, tout en reconnaissant la contribution des films en hindi dans la promotion de cette langue à l’étranger.
Pour sa part, la ministre indienne des Affaires étrangères, Sushma Swaraj, a déclaré que cette 10e conférence met l’accent sur la langue hindi et sa promotion en Inde et à travers le monde. Les douze sujets de discussions et de recommandations découlant de cette conférence seront implémentés dans les jours à venir, dit-elle.
Quant à la ministre Leela Devi Dookun-Luchoomun, elle est intervenue durant la session plénière pour parler des mesures prises à Maurice pour promouvoir l’hindi. Cette langue, dit-elle, doit être enseignée avec le soutien des Technologies de la communication et de l’information (TIC). « À Maurice, nous utilisons le projet Sankoré pour enseigner l’hindi », a-t-elle souligné, avant d’indiquer que le gouvernement mauricien soutiendra la démarche du gouvernement indien visant à faire de l’hindi la septième langue officielle des Nations unies. Leela Devi Dookun-Luchoomun a également indiqué que l’Institut Mahatma Gandhi (MGI) compte organiser des concours littéraires afin de promouvoir l’hindi au niveau mondial.