Me Geoffrey Robertson (QC), éminent juriste britannique né en Australie, auteur de plusieurs ouvrages sur les médias et défenseur de la liberté des médias, se prononce en faveur de la nomination d’un ombudsperson plutôt que la création d’une Media Commission. Il l’a fait comprendre dans son intervention à la conférence internationale tenue mercredi et jeudi à l’hôtel Intercontinental, où il était le Lead Speaker.
L’avocat britannique, qui a été invité par le Premier ministre à le conseiller sur la présentation d’une loi sur la presse, propose l’introduction d’une Freedom of Information Act, qui permettrait aux journalistes d’avoir accès à des informations d’intérêt public jugées jusqu’ici confidentielles.
Me Geoffrey Robertson précise qu’il tentera de convaincre le PM d’inclure une disposition dans le nouveau texte de loi à cet effet. Son souhait est que Maurice, où la démocratie est bien vivante, aspire à une meilleure place que la 58e des nations en ce qui concerne la liberté de la presse. « Qu’elle figure parmi le Top 10 », dit-il.
Le juriste se prononce pour l’abolition des lois datant de l’ère coloniale, comme celle concernant la sédition. Même la loi sur la diffamation criminelle demande à être repensée. Il trouve qu’il y a moyen d’autoriser à un citoyen s’estimant lésé de saisir la cour pour réclamer des dommages à celui qui l’aura diffamé. L’homme de loi pense toutefois que la démarche peut s’avérer trop onéreuse pour celui qui ne dispose pas de moyens financiers. « Un ombudsperson pourrait résoudre le problème sans frais et cela dans un minimum de temps », fait-il ressortir.
L’avocat britannique considère qu’il est temps pour que le Media Trust soit restructuré et remis à flots. D’autre part, il est d’avis que les journalistes adhèrent à un Code d’éthique.
La conférence de deux jours a permis aux intervenants de développer les thèmes suivants : Media Issues of responsibilities in a pluricultural society – Mark Howard Stephens (pour la journée de mercredi) ; Legal censorship of Press v/s self censorship – Judge V. Mehra. La difficile conciliation de la liberté des médias avec la paix publique et la tranquillité des personnes : l’utilité d’une autorité indépendante – Jean-Paul Beraudo (conseiller honoraire à la cour de cassation) ; Media social network and the internet for whom should the legislation be stiffened – Chanakya Jayadeva ; et pour le deuxième jour (jeudi), qui a été marqué par des thèmes plus locaux : The Equal Opportunities Act and the Media – Me Alex Balancy, qui a remplacé Gurbux Singh ; Media and Human Rights Issue – Chris Watters ; Women and the Media – Miss Kirsty Brimelow (QC) ; Children and the Media – Ms Shirin Aumeeruddy-Cziffra, dont l’intervention a été lue par Shakuntala Jugmohun ; et Courts and the Media – Ravin Chetty, Senior Counsel.
Soulignons que Zinc Consulting Ltd, qui a organisé cette conférence, a été fondée par Shakuntala Devi Jugmohun, Management Consultant au Caudan Development, dont elle est d’ailleurs la présidente du comité CSR. La cheville ouvrière sur le plan international a été Kishore Goojha, qui est basé à Londres.