Le secrétaire général de la COI Jean-Claude de l’Estrac, qui participait à la conférence de coopération régionale de la zone océan Indien à La Réunion la semaine dernière, a dressé une mise en garde contre la tentation de « marginalisation » des organisations régionales.
« L’Indianocéanie a un besoin impérieux de l’Union européenne et le 11e FED constituera l’instrument clé de notre coopération future. Or, j’ai parfois le sentiment que des voix appellent à la renationalisation des politiques de développement et à la marginalisation de facto des organisations régionales. Je le dis tranquillement : rien ne serait plus néfaste que ce mouvement de balancier qui, s’il se vérifiait, correspondrait à un effet de mode intellectuelle plus qu’à une analyse raisonnée du chemin parcouru ensemble et de celui qui nous reste à parcourir », a-t-il dit. « Nous ne progresserons pas dans nos politiques d’intégration régionale en replaçant les États au coeur du processus. Le régional appelle naturellement le régional. Penser le contraire marquerait un recul dans notre marche vers l’intégration de l’Indianocéanie », poursuit le secrétaire général de la COI.
Cette déclaration a été faite en présence du Commissaire européen Johannes Hahn, en charge de la politique régionale, et du ministre français de l’Outremer Victorin Lurel. Le financement des projets de la COI sera à l’agenda du comité interrégional de coopération, qui se tiendra à Maurice du 12 au 15 novembre.
Jean-Claude de l’Estrac a insisté sur un certain nombre de fondamentaux devant être garantis dans le cadre de la coopération régionale. « Il s’agit d’abord de mettre fin à notre marginalisation croissante dans les échanges commerciaux. Nous subissons des coûts de transport exorbitants, qui entravent notre compétitivité. Je l’ai dit à plusieurs reprises : la création d’une compagnie régionale maritime regroupant des intérêts publics et privés, et la montée en puissance d’un grand port d’éclatement indianocéanien, sont les seules réponses à ce défi. Il faut ensuite améliorer significativement notre desserte aérienne pour en finir avec sa fragmentation, qui pénalise notre industrie touristique. La COI publiera bientôt un document – “Les ailes de l’intégration régionale” –  dont j’espère qu’il marquera le début d’un mouvement vers la rationalisation de notre transport aérien. Il s’agit également de donner accès à notre région au service de larges bandes passantes, qui constitue également une condition sine qua non de notre diversification vers les services et l’économie de la connaissance. Enfin, il convient de se préparer à assurer la sécurité alimentaire de l’Indianocéanie en exploitant, le jour venu, le potentiel agricole de Madagascar, pour mettre fin à notre hyper dépendance aux importations », a continué Jean-Claude de l’Estrac.