« Le déguerpissement de la mondialisation. » Tel est le titre intrigant de la conférence que donnera en français l’universitaire américain Martial Frindethie à l’Université de Maurice le vendredi 27 à 10 h au New Academic Complex (amphithéâtre 2). Détaché de l’Appalachian State University, ce chercheur est encore pour quelque mois boursier à l’UoM. La conférence est proposée aux étudiants et au public en général par les départements de français et d’anglais de l’institution tertiaire.
PhD en littérature comparée depuis 1996, Martial Frindethie est actuellement Associate Professor à la Apaplachian State University en Caroline du Nord. Il enseigne et fait des recherches en français, en littérature contemporaine africaine francophone, sur les films et médias francophones africains, les mouvements africains post-coloniaux, les théories de la globalisation appliquées en Afrique, ou encore sur l’imagination politique et idéologique. En 2008, il a notamment publié The black renaissance in francophone african and caribbean literatures. Son dernier livre est quant à lui en lien avec le sujet qu’il exposera vendredi : Globalization and the seduction of Africa’s ruling class ; an argument for a new philosophy of development.
Martial Frindethie associe le triomphe supposé de ce qu’il est convenu d’appeler la mondialisation à la préhension culturelle de la sincérité. Il explique que jusqu’à la fin du 20e siècle, la dissémination et l’acceptation presqu’universelle d’une sincérité arborescente ont permis sur la base de la race et de la géographie, le cantonnement de certains humains dans le rôle de producteurs et d’autres dans celui de reproducteurs. Depuis le début du 21e siècle, estime-t-il, les communautés humaines qui auront réussi leur mondialisation seront celles qui auront réussi la fuite de la prescription culturelle rigide de la sincérité, celles qui auront réussi à être « la mauvaise herbe dans le carré de choux » de l’amitié.