Lormus Bundhoo, qui a procédé ce matin à l’ouverture de la 18e conférence de l’Association of Medical Councils of Africa (AMCOA), a évoqué avec inquiétude le surnombre de médecins dans le pays et a insisté sur l’urgence d’une réflexion en profondeur sur cette question. « Peut-on continuer à diplômer chaque année 500 médecins ? Avons-nous les moyens financiers de les employer ? » s’est demandé le ministre de la Santé, qui annonce que le GM considère sérieusement l’option de l’émigration professionnelle des médecins locaux en Afrique.
Une quarantaine de délégués des Medical Councils de seize pays d’Afrique participent depuis avant-hier aux travaux de cette 18e Conférence de l’AMCOA qui a pour thème Task Shifting in Medical Practice. L’ouverture officielle de cette conférence régionale a cependant eu lieu ce matin au Sofitel Imperial Resort. Le discours du ministre de la Santé a retenu l’attention de l’assistance d’abord à propos du nombre croissant de jeunes Mauriciens qui choisissent d’entreprendre des études en médecine chaque année. C’est la première fois que le ministre de la Santé s’exprime sur cette question d’une manière très élaborée. Il souligne la norme internationale établie par l’OMS, soit un médecin pour chaque 600 habitants, et affirme que l’Île Maurice a presque atteint cet objectif. « Selon mes calculs nous sommes en train de former rien que dans les institutions mauriciennes presque 300 médecins chaque année et un nombre similaire de Mauriciens sont formés à l’étranger. We have already met the target of OMS or nearly reaching it. Pouvons-nous continuer à produire autant de médecins chaque année ? What is the match between the number of doctors we require and the population ? Do we require 500 general practitionners each year ? We have to decide what we want for the country and we have to sit down and put our head together to think seriously about this issue », a dit le ministre, tout en reconnaissant qu’on ne peut interdire à une personne d’entreprendre la carrière qu’elle souhaite en raison de ses droits constitutionnels. Une des solutions, selon lui, serait l’emploi des médecins mauriciens dans les pays amis. Il a annoncé que le gouvernement songe sérieusement à l’option de l’émigration professionnelle en Afrique dans le cadre des accords bilatéraux et qu’il partira la semaine prochaine au Mozambique pour la signature d’un protocole d’accord dans cette direction.
Avant le ministre Bundhoo, le Pr Georges Magoha, président l’AMCOA, s’est appesanti sur un ton grave sur le manque aigu de médecins auxquels sont confrontés les pays du continent et a souhaité que les travaux de cette 18e Conférence puissent donner des éléments de réponse pour régler le problème.