La sixième conférence sur l’Intégration en Afrique s’est ouverte ce matin à l’hôtel Intercontinental à Balaclava en présence d’une quinzaine de ministres africains. « Ce continent est à nouveau dans l’écran radar de la communauté internationale », a observé le Premier ministre suppléant, Rashid Beebeejaun. Il a annoncé la conclusion d’un accord de libre-échange tripartite SADC-COMESA-EAC en 2014 et l’établissement d’un accord de libre-échange à l’échelle continental en 2017. Pour le ministre des Affaires étrangères Arvin Boolell, le sentiment afro-pessimiste entretenu par la presse internationale a désormais cédé la place à la conviction que l’Afrique se réveille.
Le président adjoint de la Commission de l’Union africaine a ouvert la conférence ce matin en présentant les condoléances de l’UA aux familles affectées par les inondations meurtrières du 30 mars. Erastus Mwencha a souligné l’engagement de Maurice dans le processus d’intégration économique en Afrique. Selon lui, l’organisation de cette sixième conférence ministérielle en est la preuve.
Erastus Mwencha est d’avis que les avantages de l’intégration régionale sont évidents. Il a cité en exemple l’Union européenne où, malgré la crise de la zone euro, l’intégration européenne n’a jamais été remise en cause. Comme le démontrent les statistiques, a-t-il poursuivi, l’intégration régionale constitue une win-win situation pour le continent et les pays qui le composent.
Le président adjoint de la Commission de l’UA a aussi insisté sur l’importance du développement des infrastructures, en particulier au niveau du transport en vue de faciliter l’intégration. De plus, il est nécessaire que les avantages concrets découlant de l’intégration ne soient pas connus uniquement des dirigeants et des fonctionnaires, mais de toutes les parties prenantes au niveau des populations. Il a ainsi mentionné l’interaction entre les secteurs privé et public en Afrique.
De son côté, le ministre des Affaires étrangères a mis l’accent sur les développements en Afrique qui ont connu une croissance économique de 6 % ces dernières années alors que les pays européens sont en butte à des difficultés économiques. Arvin Boolell a lui aussi souligné l’importance du commerce intrarégional qui est inférieur au potentiel existant.
De plus, Arvin Boolell s’est appesanti sur les négociations en cours entre la SADC, le COMESA et l’EAC en vue de conclure à un accord de libre-échange. Le ministre a souligné que les petits États insulaires seront partie prenante de ce processus. Il a insisté sur l’importance des infrastructures et de la rationalisation des actions des pays africains. Il a aussi évoqué la volonté de Maurice d’être un lien entre l’Asie et l’Afrique.
Le Premier ministre suppléant Rashid Beebeejaun a pour sa part réaffirmé l’engagement de Maurice dans l’intégration régionale et continentale en Afrique. La conférence ministérielle s’inscrit, selon lui, dans le cadre des activités prévues par le gouvernement en vue de célébrer le 50e anniversaire de l’UA et des dix ans du Mécanisme africain d’examen par les pairs.
Rashid Beebeejaun a aussi fait état de la croissance économique en Afrique. Il a soutenu que 11 des 25 pays qui connaîtront la croissance la plus rapide se trouvera en Afrique dans cinq ans. Il a cité la Banque africaine de développement qui considère que la crise financière a été une opportunité pour les pays africains. Elle a permis d’attirer un grand nombre d’investisseurs étrangers sur le continent. Les investissements directs étrangers se sont ainsi élevés à 82 milliards de dollars en 2011. Ils atteindront 150 milliards de dollars en 2015.
Rashid Beebeejaun a souligné la nécessité du « ease of doing business » dans la promotion de l’intégration régionale et continentale. Maurice a multiplié les efforts pour faciliter le mouvement des personnes. Ainsi, les ressortissants de 48 pays africains n’ont pas besoin de visa pour venir à Maurice et peuvent l’obtenir à leur arrivée à l’aéroport. De plus, le gouvernement mauricien a offert une cinquantaine de bourses aux étudiants africains.