Le secrétaire de la Commission de l’Océan Indien, Jean Claude de l’Estrac a souhaité que les espaces insulaires soient unis et audibles sur ce sujet « épineux mais stratégique » qu’est le changement climatique. C’est le message qu’il a adressé lors d’une réunion de concertation entre les membres de la COI en vue des négociations à la Conférence des Parties de la Convention-cadre des Nations unies sur les changements climatiques (COP21) qui se tiendra à Paris en décembre 2015.1662
Dans son message d’ouverture, Jean Claude de l’Estrac a précisé que l’objectif de cette concertation « est de chercher à mieux comprendre les enjeux de la négociation pour l’Indianocéanie, ainsi que pour les membres de l’AIMS qui regroupe l’Afrique, l’océan Indien et la mer de Chine méridionale ». Saluant l’initiative de la COI, Carla Osorio, chargée d’affaires par intérim de la délégation de l’Union européenne à Maurice, a indiqué que « l’Union européenne soutient l’idée que ces travaux ouvrent la voie à une position commune des États membres de la COI », en précisant que « cela pourrait même amener à la signature d’une déclaration commune UE-COI en vue de la COP 21 ». Laurent Garnier, Ambassadeur de France à Maurice, a, quant à lui, rappelé que la présidence française sera très attentive à « garantir des négociations transparentes, ouvertes et constructives » et que la France mettait d’ailleurs en place une facilité d’appui, financée par l’AFD, à destination de plusieurs petits États insulaires ou africains en vue de la Conférence Paris Climat 2015.
Organisée dans le cadre du projet COI-ISLANDS financé par l’Union européenne, cette réunion est une contribution à l’effort de réflexion en cours autour du futur accord qui sortira de la COP 21. Elle a été précédée par deux jours de formation focalisée sur les compétences nécessaires pour accéder aux financements climatiques.
Dans ce contexte, la COI veillera à continuer ses efforts en vue d’une accréditation en tant qu’Entité régionale de mise en oeuvre qui permettrait à la région d’avoir un accès direct au Fonds vert pour le climat ainsi qu’au Fonds d’adaptation.
Cette initiative s’inscrit dans le cadre des efforts de la COI pour prémunir les populations et les économies de ses pays membres contre les effets dévastateurs du changement climatique. Selon les profils pays du Programme des Nations unies pour le développement (PNUD) sur le changement climatique, l’Indianocéanie connaîtra une augmentation de 2,8°C à 3,9°C de la température et une hausse du niveau de la mer pouvant aller jusqu’à 56 cm d’ici 2090.