Paul Bérenger a confirmé, vendredi, que le MMM soutiendra le projet de réforme de la ministre de l’Education, Mme Leela Devi Dookun-Luchoomun. Un plan de réforme allant, globalement, dans la même “bonne direction” que celui à l’époque initié sous le gouvernement MSM/MMM de 2000/2005, trouve le leader de l’opposition. Paul Bérenger ne manque pas, cependant, d’exprimer sa “crainte” que des “vested interests” ne fassent capoter le projet. Il rappelle, à ce propos, comment tout ce qui avait été entrepris dans le temps avait été “entièrement défait sous Navin Ramgoolam”.
Paul Bérenger confirme que le MMM soutiendra le plan de réforme du secteur éducatif présenté par la ministre de tutelle, Mme Leela Devi Dookun-Luchoomun qu’il considère, globalement, positif. Il se dit entièrement sur la même ligne que le porte-parole de son parti pour l’Education à l’effet que ce plan va, en règle générale, dans la bonne direction.
Le leader des mauves exprime sa crainte face à ce qu’il conçoit être une levée de boucliers de nombre de “vested interests” cherchant à faire capoter la réforme présentée par la ministre. Paul Bérenger rappelle, à ce propos, comment la précédente réforme présentée par le gouvernement MSM/MMM de 2000/2005 avait été, par la suite, “entièrement défaite sous Navin Ramgoolam”.
D’où la satisfaction du leader du MMM qu’avec le plan présenté cette semaine par Mme Dookun-Luchoomun, le secteur éducatif sera appelé à “reprendre, globalement, la même bonne direction” à l’époque du gouvernement MSM/MMM quand Steve Obbegadoo était ministre de l’Education. Paul Bérenger laisse entendre, à ce propos, que le MMM apportera sa pleine contribution à tout débat “structuré” autour de ce projet de réforme éducative.
Sur le plan strictement politique, le leader du MMM dément, par ailleurs, l’amorce de discussions en vue d’un “rapprochement” de son parti avec le MSM. Il réaffirme, à ce propos, le large sentiment, selon lui, partagé par la population à l’effet qu’avec le changement de gouvernement, on a “sap dan karay pou tom dan dife”.
Les “nominations scandaleuses”, l’ICAC, la police, la MBC, la mauvaise gestion du dossier BAI, les Chagos et Tromelin sont autant de sujets sur lesquels le MMM est en désaccord avec le MSM, dit-il. De plus, sceptique quant à la volonté réelle du Premier ministre, sir Anerood Jugnauth, de renforcer, comme il se doit, la lutte contre la fraude et la corruption, il  “défie” ce dernier de venir de l’avant avec une “vraie” Declaration of Assets Act.
Une législation qui contraindrait ministres et députés ainsi que leurs proches, notamment, de déclarer l’ensemble de leurs avoirs sous peine d’emprisonnement en cas d’infraction. Paul Bérenger lance, de même, un autre défi à sir Anerood: la présentation d’une loi en vue de réglementer le financement des partis politiques.
Dans le premier cas, le leader du MMM rappelle que SAJ a, dans le passé, évoqué la “contrainte” du respect de la vie privée. Il accuse, dans l’autre cas, le MSM d’avoir, à l’époque, “saboté” les travaux du Select Committee qui avait été institué sous le gouvernement MSM/MMM de 2000/2005 pour se pencher sur le financement des partis.
Lutte anti-corruption: “Voir pour croire”
Il pense que tout ce qu’a annoncé le Premier ministre, lundi, à propos de la lutte anti-corruption lors de la conférence des Petits Etats Insulaires en Développement (PEID) ne serait que du bla-bla pour la galerie. Paul Bérenger laisse entendre qu’il veut voir pour croire.
Il invite aussi sir Anerood à démentir que le gouvernement songerait à un amendement constitutionnel ou à la Prevention of Corruption Act (PoCA) qui viserait, selon son allégation, à tenter de rendre caduc le récent jugement en première instance condamnant Pravind Jugnauth dans l’affaire MedPoint. Paul Bérenger explique que si la Constitution ne se réfère qu’aux seuls “Public Officers”, soit les fonctionnaires, la PoCA parle, lui, de “Public Officials”, une formule englobant, outre les fonctionnaires, les ministres et les députés.
Il dément, d’autre part, toute idée de sa part de perpétuer à la tête du MMM le règne dynastique comme au sein d’autres partis, ou encore qu’il aurait fait son choix, à ce propos, entre Pradeep Jeeha et Ajay Gunness. “Ceux qui me connaissent savent que je n’exerce aucune pression sur mes enfants quant à leur choix”.
Paul Bérenger confirme, quand même, que sa fille, Joanna, est déjà active à la base du MMM au niveau du Comité régional de Vacoas / Floréal et qu’elle avait raté de peu d’être candidate aux précédentes municipales de décembre 2012 car elle venait, tout juste, de rentrer au pays après ses études à l’étranger. Le leader des mauves félicite cette dernière d’avoir rappelé que la méritocratie est “l’une des valeurs fondamentales” du MMM, mais aussi qu’être la fille du leader du MMM ne lui donne “aucun droit particulier”. Même s’il concède qu’à 70 ans, il convient, déjà, de songer à l’après-Bérenger, il réaffirme que tout sera décidé en temps et lieu.
“Quand le moment viendra, nous décideront ensemble au sein du parti si le MMM doit aller seul aux élections, qui sera Premier ministre, dans quelle configuration et avec qu’elle équipe ministérielle”, laisse entendre Paul Bérenger.