Le Mouvement Socialiste Militant (MSM) a tenu une conférence de presse hier, au Sun Trust à Port-Louis. Son leader, Pravind Jugnauth a abordé plusieurs sujets, notamment le scandale d’abus sexuel allégué sur mineur à la Mauritius Institute of Training and Development (MITD) et celui du présumé pédophile qui bénéficierait, selon lui, de la couverture du gouvernement. Il a aussi commenté le rapport de la Commission Manraj sur les ajustements au rapport du PRB, sans manquer d’évoquer l’affaire Varma et la situation politique dans le pays.
Pour Pravind Jugnauth, dans l’affaire MITD, il ne s’agit plus d’allégations ou de présomptions, mais de preuves et de vidéos. « Des informations, toutes plus troublantes les unes que les autres, sont dévoilées sur YouTube. Sur une des vidéos, on peut entendre les déclarations choquantes de la victime ». Dans ces enregistrements, celle-ci raconte ses mésaventures et serait restée constante dans ses déclarations. « La victime a affirmé avoir été huit fois dans un pensionnat où elle a eu des relations sexuelles avec son professeur », dit-il.
Le leader du MSM définit ainsi l’enquête instituée comme un cas de cover-up : « Avant même d’examiner ces enregistrements, on parle de fabrications de Sudah Singh, enseignante à la MITD, et de la psychologue Pascale Bodet. Ils vont même plus loin en déclarant qu’il y a complicité. Pour quelles raisons inventeraient-elles un cas de pédophilie ? »
Selon Pravind Jugnauth, qui a remis à l’Assemblée nationale la série d’échanges téléphoniques entre le présumé pédophile et sa jeune victime, soit 1 218 appels et 2 282 sms, il n’y a que des preuves. Les messages envoyés par l’enseignant de l’établissement seraient ainsi à caractère pornographique, l’un d’entre eux étant « I want to lick your ass », a-t-il révélé à titre d’exemple.
Le leader du MSM affirme qu’une enquête a été lancée par le Premier ministre, Navin Ramgoolam, mais que les conclusions n’ont jamais été rendues publiques. « Depuis le 3 janvier, j’ai remis à la police une série de relevés téléphoniques. Ceux-ci ont ensuite été envoyés à Navin Ramgoolam pour initier une enquête, ce que je considère comme normal. Et je sais qu’une enquête plus approfondie a aussi été menée. Quatre mois après, la police n’a toujours pas reçu un Judge’s Order pour confirmer ces appels. Qui avalera cela ? », s’indigne-t-il.
Pour lui, le ministre de l’Éducation fait tout pour défendre le pédophile présumé de la MITD. « C’est une honte. Et je vais encore le répéter : le gouvernement protège les pédophiles. Au lieu de féliciter ces deux femmes d’avoir fait leur devoir, on les terrorise. On arrête Mme Bodet pour une accusation provisoire. Et de l’autre côté, le présumé pédophile, un agent du PTr, est en liberté. Je demande la démission de Bunwaree. Il a failli à ses responsabilités en tant que ministre de l’Éducation. »
Selon Pravind Jugnauth, le ministre Vasant Bunwaree et le suspect auraient échangé plusieurs appels. « Bunwaree était bien au courant du comportement et des agissements de son protégé. Il ont même échangé 19 appels entre le 16 juin et le 11 novembre 2012, des appels faits à partir de son portable personnel, de celui de son bodyguard, depuis le bureau du ministère de l’Éducation à Port-Louis et depuis le bureau de Phoenix », affirme-t-il.
S’agissant des conclusions du Fact Finding Commitee (FCC) institué pour faire la lumière sur cette affaire de pédophilie, il demandera pourquoi le rapport n’a pas été rendu public. Et d’ajouter : « La psychologue, dans sa déclaration, a affirmé que le présumé pédophile abordait d’autres filles à l’école. Qu’a fait Bunwaree ? A-t-il référé le cas à la police, au board de la MITD ? »
Pravind Jugnauth a aussi déploré un autre scandale de pédophilie qui secoue cette fois un autre établissement, le collège Hamilton. « En tout cas, on ne va pas laisser des prédateurs opérer en toute impunité », a-t-il déclaré.
Selon le leader du MSM, un autre cas bénéficiant de cover-up de la part du gouvernement est l’affaire d’agression impliquant l’Attorney General, Yatin Varma. « Le jour de l’agression, le ministre a assisté à un mariage où il a déclaré : « Mone faire ène accident et mone baiz ène boug » », a soutenu le leader du MSM.
Au chapitre des conclusions de la Commission Manraj sur les ajustements au rapport du Pay Research Bureau (PRB), Pravind Jugnauth a insisté sur le fait que que l’annonce du Premier ministre d’une hausse de salaire de 50% dans la fonction publique se révèle fausse. Car selon lui, en consultant le rapport, le chiffre d’augmentation est différent, soit d’environ 17% en moyenne. Il a cité six cas, notamment les fonctionnaires touchant entre Rs 10 000 et Rs 30 000, 70% d’entre eux tombant dans cette catégorie. « Un fonctionnaire qui perçoit un salaire de Rs 10 364 touchera Rs 11 840, ce qui fait une augmentation de 14,2% », a-t-il indiqué.
Faisant un survol de la situation politique dans notre pays, Pravind Jugnauth a déclaré : « Le Premier ministre voyage, aime s’amuser, et ne se préoccupe pas de l’avenir du peuple. Nous avons besoin d’un pays qui a une nouvelle vision, un nouvel espoir. Aujourd’hui, les Mauriciens éprouvent du dégoût, les jeunes perdent confiance, ils sont frappés par le chômage. Aucun nouveau secteur pour l’économie n’a été développé. Nous avons pour notre part développé les secteurs informatique et financier, et avons créé beaucoup d’emplois pour les jeunes. Nous allons continuer d’acculer le gouvernement. Les jours du PTr sont comptés. »
Pravind Jugnauth a ensuite annoncé une série d’activités à venir, dont le meeting qui se tiendra le vendredi 7 juin à Plaine-Magnien, qui verra la présence de sir Anerood Jugnauth et Paul Bérenger.