Selon les résultats des élections au suffrage universel depuis 1959, le MSM est-il convaincu d’un victoire aux prochaines élections générales? Interrogé par Week-End à l’heure des questions, Pravind Jugnauth a déclaré que nous ne sommes plus à l’ère des années 60 où « ena dimounn ankor krwar ki kouma zot dir bouz dan enn direksion, troupo pou kouma dir mouton, pou nek bouz dan sa direksion-la. Nepli sa zordi. » Le leader du MSM a aussi longuement commenté l’affaire MITD qui a connu des développements lundi dernier. Lors de sa conférence de presse hebdomadaire, hier, à Port-Louis, il a soutenu que la décision prise par le DPP est pour « noyer le poisson. »
Citant la situation du MMM, il dit: « Voyons ce qui se passe aujourd’hui. Je ne fais pas référence aux instances, c’est-à-dire le bureau politique ou à l’assemblée des délégués, je parle ici de coaltar. Allez voir sur le chemin, sur le coaltar, ce que les véritables soldats disent sur leur parti et sur leur leader. De même que du côté des travaillistes, allez voir ce qu’ils disent aujourd’hui à l’égard de leur leader. Nous avons constaté que des deux côtés, plusieurs partisans ont bougé chez nous, le MSM », dit-il. Il soutient que lors des prochaines législatives, « lepep ki deside e ki choisir e pou ena surpriz », avant d’ajouter: « Nous sommes confiants qu’avec les build-up que nous faisons, nous gagnerons aux prochaines élections. Parce que notre force, c’est le peuple, ce sont les électeurs. » Pravind Jugnauth estime que « bann seki pe dan rev, pe krwar ki zot de inn vinn ansam, zot pou dekouyoner ek zot matematik. Zot formil chemistry ki zot ena tou pou vir anbalao. Zot pe pran de solutions zot pe met ensam, li pou explozer dan zot figir. » Lors de sa conférence de presse, il a, par ailleurs, soutenu que le MSM a toujours été « consistent » et que les électeurs voient le MSM comme une « alternance crédible. »
Pravind Jugnauth a, en outre, commenté les derniers développements dans l’affaire MITD. Lundi dernier, le DPP a pris la décision de rayer toute charge contre lui-même, Pascale Bodet, Sudha Singh et Narain Chedumbrum. Selon lui, cette décision est une façon de « noyer le poisson. » Alors qu’il prévoit de revenir plus en détail sur cette affaire lors d’une autre conférence de presse, Pravind Jugnauth déclare qu’il « étudie » l’éventualité de porter plainte contre Sheila Bappoo, Yatin Varma, l’Assistant Commissaire de Police (ACP) Pregassen Vadamalay. « Le DPP a rayé toute charge contre moi. Mais il ne faut pas oublier que Sheila Bappoo avait fait une déposition à charge contre moi (pour sédition et diffamation criminelle: ndlr), assisté de Yatin Varma. Si aujourd’hui, les éléments de l’offense n’existent pas et en espérant que tout le monde est égal devant la loi, n’y aura-t-il pas une charge de « false and malicious denunciation » ou de « conspiracy » contre Bappoo et Varma? », demande-t-il. Il dit attendre de voir ce que la police compte faire et qu’entre temps, il « étudie le fait de mettre une charge contre Sheila Bappoo, Yatin Varma, la police de Pregassen Vadamalay et du Premier ministre, où je leur réclamerai des dommages. »
Soulignant le fait que la base de la charge provisoire contre Sudha Singh et Pascale Baudet s’agissait se « forgery and conspiracy » entre les deux femmes et que, dans un communiqué, le DPP mentionne que la mère et la fille ont dit qu’elles n’étaient pas présentes à une réunion qui se serait tenue à Ébène, Pravind Jugnauth pose la question: « Si la réunion n’a pas eu lieu, comment a-t-on pu mettre cette charge provisoire contre ces deux femmes? » Réunion durant laquelle, dit-il, il y a eu un procès-verbal que tous les participants ont signé.
« Quelle personne trouvera normal qu’un enseignant passe 1218 appels téléphoniques et échange 2282 SMS avec son élève mineur? », demande-t-il avant de lancer un défi à Vasant Bunwaree, ministre de l’Éducation, qui a déclaré que le Fact Finding Committee a blanchi Narain Chedembrum: « Mo met Bunwaree o defi, si tel est le cas, vinn montre lepep kotsa dan sa rapor-là finn blanchi Narain Chedumbrum et pibliye integralman sa rapor-là ek rann li piblik. »
Commentant le volet politique, le leader du MSM estime que, dans le cas de Paul Bérenger, « l’amour rend aveugle », celui-ci ayant déclaré qu’il n’y a pas de scandale dans le pays. Il rappelle ainsi les propos du MMM au Parlement après les inondations du 30 mars, où les mauves avait traité le gouvernement de criminel. « Kan Paul Bérenger pe dir pena skandal, li pe vinn provok la population ek li pe vinn diskredit limem », dit-il. Selon Pravind Jugnauth, la population serait « très remontée » contre le Premier ministre et le gouvernement. Il accuse Navin Ramgoolam de se servir des institutions comme des instruments politiques et pour faire des cover-ups. Il dit également « remarquer que dans la masse, certaines personnes se révoltent silencieusement. »
Avant de mettre fin à sa conférence de presse, Praving Jugnauth a lancé un appel au gouvernement au sujet de l’épidémie d’Ebola qui a touché plusieurs pays, cette semaine, demandant de prendre toutes les mesures nécessaires pour prévenir le virus et d’établir un système de quarantaine. Le leader du MSM a également félicité les athlètes mauriciens qui ont participé aux Jeux du Commonwealth.