A l’issue d’un tête-à-tête de plus d’une heure et demie à la Clarisse House,  plus longue que prevue, le Premier ministre et le leader de l’Opposition ont animé une conférence de presse conjointe. D’abord pour éclaircir les points sur la réforme électorale en passe de devenir une réalité avec la présentation prochaine du draft Bill, dont le chef du gouvernement dit avoir pris connaissance vendredi tard dans la soirée, et dit avoir remis une copie à Paul Bérenger samedi matin. Ensuite, pour éclaircir les points sur la situation politique.
A ce stade, a indiqué Navin Ramgoolam, le draft bill qui lui a été soumis lui semble « correct, sauf sur un point qui a été ajouté, et il se demande pourquoi, et qu’il devra analyser estimant que cela nécessite un petit amendement. » Parallèlement ont laissé entendre Paul Bérenger et Navin Ramgoolam, les discussions sur l’éventuelle alliance PTr-MMM – qui est un souhait commun des deux leaders politiques – continuent, Paul Bérenger affirmant cependant que l’alliance rouge mauve « n’est pas encore chose faite ».
Revenant sur les grandes lignes de cette réforme, Navin Ramgoolam indique qu’il y aura 63 députés, soit 3 par circonscription. Rodrigues disposera de ce fait de trois élus au lieu de deux. De même, 20 autres personnes seront élues à la proportionnelle, dont 14 à partir d’une close rank-based liste A soumise par chaque parti lors du Nomination Day au Commissaire électoral. Six autres personnes seront choisies à partir d’une seconde liste B soumise par chaque parti. S’agissant de la représentation féminine, la réforme électorale s’assurera d’une représentation de un tiers par circonscription et un tiers sur la liste A et B. « Après cela, nous nous servirons du wasted vote. Et nous gardons le seuil de 10 % », indique le chef du gouvernement faisant ressortir que « contrairement à ce qu’on pense, nous sommes en train de bend backwards, pour s’assurer que si jamais il y a une alliance entre le PTr et le MMM et un 60-O sur ce système, il y ait au moins sept candidats de l’Opposition qui entrent au Parlement. » « Nous ne sommes pas obligés de faire cela, mais  nous avons trouvé une nouvelle formule mathématiques pour justement  qu’il y ait une opposition », insiste-t-il. Et d’ajouter que le comité se penche aussi sur la question de transfuges, qui est assez compliquée, mais qu’il faut simplifier afin qu’un parti puisse disposer du droit de révoquer un candidat qui ne suivrait pas la ligne du parti. Les dernières modifications tiennent aussi compte de l’option de double candidates, précise Navin Ramgoolam.
« Transitional provisions » pour une élection seulement
Le Pm a ainsi insisté que la réforme électorale ne relève pas d’une question d’accord entre son camarade Paul Bérenger et lui même, mais d’une avancée pour le pays. D’où la prorogation du Parlement le 12 mai, afin de finaliser la loi sur la réforme, qui est une priorité des priorités. Il glissera entre deux explications que la question d’alliance entre le PTr et le MMM qui a été abordé lors du bureau politique des rouges jeudi dernier, a été une coassions pour les membres de son parti, de s’exprimer. Et d’assurer que « nous avons eu des discussions, un débat, mais pa ti ena personne ki contre. »
Abordant les « Transitional provisions » à apporter à la Constitution afin qu’aux prochaines élections un candidat puisse être libre de déclarer ou pas sa communauté, Navin Ramgoolam a confié qu’il existe quelques points encore à être finalisés. « Mo pas pensé li pou pa long », dit-il, indiquant qu’en ce qu’il s’agit du draft bill sur la réforme, il a l’intention de le circuler parmi ses ministres. Dans le même élan il dit espérer que le mini amendement soit bientôt prêt et aussitôt fait, le Parlement sera rappelé.  Le Pm insiste cependant que le « transitionnal provision » qui sera apportée à la Constitution, ne servira qu’à une seule élection.
Le chef du gouvernement n’a pas manqué de faire ressortir sa volonté d’apporter ce changement aux cotés de l’autre plus grand parti de Maurice, le MMM, avec qui il avance « nou pe seye met nou ban différences de coté. » Et d’indiquer que comme tous grands partis, il est normal qu’il y ait certaines choses à prendre en considération avant de concrétiser une alliance. Cependant, sa volonté et celle de Paul Bérenger, dit-il est de mettre l’intérêt des Mauriciens avant tout ». « 46 ans après l’indépendance, nous essayons de changer un système électorale, qu’il ne faut pas oublier, a été décidé par les anglais, et nous nous décidons de mettre notre propre système électorale afin de renforcer notre unité nationale, qui supprimera finalement toute référence aux communautés et qui, sera pour moi un grand pas pour renforcer notre identité nationale, qui  aidera à notre nation building et  fera qu’enfin tous, nous pourrons dire que nous sommes Mauriciens », dit-il.
C’est de ce souhait d’un pays uni et qui tient en compte sa diversité et qui assure l’unité des Mauriciens que l’idée d’un IIe République est aussi de mise, rappelle le leader du PTr. Selon lui, un Président de la République, élu au suffrage universel pourra rassembler les Mauriciens pour un meilleure équilibre du pouvoir. « Et je crois que Maurice peut devenir un modèle dans le monde, un modèle de l’unité dans la diversité, de la modernisation et où les votes de tous compterons.  Et ce sera en même temps un équilibre », dit-il. et d’ajouter que la question d’équilibre est importante, car à ce jour, si on regarde les élections depuis 1967, il est évident que finalement les choses dépendent sur le rapport des forces. « Il y a tout le temps eu ces deux grands partis, et aller-vini, tourné viré, avec à peu prés 40 %. Pas kapav gouverne enn pays avec enn grosse majorité contre ou », estime Navin Ramgoolam. D’où l’important de tenter le possible pour que Maurice franchisse cette deuxième phase après l’indépendance.
Le Pm confiera qu’avec le leader de l’Opposition, ils tentent de trouver des solutions pour que le pays fasse face aux gros défis économiques. « Les discussions continuent et c’est clair que nous avons parlé, nous sommes tombés d’accord sur plusieurs choses. Nous avons cependant plusieurs choses encore à discuter et cela va continuer », dit-il, insistant sur sa volonté de faire de Maurice une modèle dans le monde.