Ce n’est pas parce que le leader du MMM, Paul Bérenger, a félicité la State Trading Corporation et son directeur général Megh Pillay pour le renouvellement de l’accord entre l’organisme et la Mangalore Refineries, que le Parti travailliste épargnerait l’opposition de ses critiques! Malgré les positions positives du MMM sur la signature entre Mangalore et la STC, le Remake 2 000 n’a pas échappé aux remarques acerbes des rouges, qui animaient leur conférence de presse hebdomadaire, hier matin à Port-Louis.
Le président du PTr, Patrick Assirvaden, s’est dit «étonné de voir avec quel enthousiasme» Paul Bérenger a adressé ses félicitations à Megh Pillay. Patrick Assirvaden a fait remarquer que par ricochet, ces félicitations allaient aussi au ministre concerné par ce dossier, en l’occurrence Cader Sayed Hossen. Et de rappeler que celui-ci est un ministre du gouvernement qui a pour Premier ministre Navin Ramgoolam. A son tour, le président des rouges n’a pas caché son enthousiasme et déclare: «Apresye ki MMM pe apresye sa lakor la.» Il a aussi rappelé que cet accord relève des négociations entre Navin Ramgoolam et son homologue indien. Mais si Paul Bérenger a eu une réaction positive, le PTr note que, paradoxalement, le partenaire politique du leader du MMM n’est pas de son avis. «Une semaine auparavant, Anerood Jugnauth a critiqué la STC et a demandé que l’accord soit rendu public!», relève Patrick Assirvaden. Anerood Jugnauth, selon le PTr, a encore une fois prouvé, avec la reprise des sorties du Remake 2 000, qu’il est à court d’arguments. Pire, il persiste à employer des insultes et «s’engouffre dans les palabres et autres attaques». Les rouges notent que les sorties du Remake 2 000, à Bar Chacha (Rose-Hill) et à Chemin-Grenier respectivement, n’ont pas attiré la foule et que «ces meetings restent toujours impopulaires». Pour le parti, le tandem MMM/MSM ne joue pas son rôle «de gouvernement alternatif». Patrick Assirvaden a rappelé, à nouveau, que le Remake 2 000 n’a pas fait ses preuves quand il a dirigé le pays et «trouve quand même le moyen de faire la moral sur le socialisme». Le PTr dit incarner le socialisme au sens propre du terme. Car contrairement «au duo MSM/MMM, le gouvernement dirigé par le PTr a développé les infrastructures, notamment l’aéroport, pour le bien-être du pays et des Mauriciens». Et malgré l’opinion de ses adversaires, le gouvernement de Navin Ramgoolam, a déclaré Patrick Assirvaden, dirigera le pays jusqu’à 2015. «D’ailleurs, Navin Ramgoolam, qui est rentré du sommet de la SADC, a pris l’étoffe d’un véritable dirigeant international», a-t-il dit. Patrick Assirvaden a dit la fierté du PTr quand le Premier ministre a pris position sur le dossier malgache. Les travaillistes ne sont pas les seuls à trouver que le Remake 2000 est fragile et qu’une séparation entre les deux partenaires s’impose. «Cassam Uteem, un militant de la première heure» serait, selon les rouges, sceptique quant à l’avenir du partenariat entre le MSM et le MMM. Le PTr invite l’ancien président de la République à être plus explicite sur des propos qu’il aurait tenus sur les ondes d’une radio privée, à l’effet qu’il faudrait dissoudre le Remake 2000. Selon Patrick Assirvaden, «les propos de Cassam Uteem, dont le fils est un front bencher du MMM, disent long sur l’état d’esprit du parti!» Si le PTr pense que le Remake 2 000 est en situation de fragilité, il est aussi convaincu que Sir Anerood Jugnauth  craint une séparation d’avec les mauves. «Le plus grand cauchemar d’Anerood Jugnauth: une alliance rouge/mauve. So problem: Pravind Jugnauth vinn Premye minis. Me Pravind Jugnauth inegzistan dan remake. Pa mem trouv so shadow!», devait analyser Kalyanee Juggoo, secrétaire générale du parti.
Le PTr a également salué «le courage du ministère de l’Environnement qui n’a pas hésité à sévir contre FUEL, Terra et Omnicane, pris en flagrant délit de pollution». Le parti, à travers son président, à pointé du doigt les «sucriers qui avaient déclaré que le pays était malade», avant de polluer l’environnement. «Nous mettons en garde les sucriers. Nous leur demandons d’être responsables», a averti Patrick Assirvaden. Citant l’affaire MCB, «la valse de grosses voitures», il a noté le silence des prêtres, du MSM/MMM et de Paul Bérenger sur le comportement du secteur privé.
Polémique
Kalyanee Juggoo a défendu la qualité de l’éducation tertiaire et la promotion de Maurice comme knowledge hub, avant de faire allusion à l’enquête initiée par la Tertiary Education Commission après la parution d’une Public Notice de la University Grant Commission de l’Inde, indiquant qu’aucune université indienne n’a pas eu l’autorisation de délivrer des diplômes à l’étranger. Selon Kalyanee Juggoo, il n’y a aucune raison de créer une polémique autour «d’une lettre en circulation disant qu’il y aurait des problèmes dans l’éducation tertiaire à Maurice».
Quant à Abdullah Hossen, directeur de communications au sein du PTr, il a longuement commenté la gestion des marchands ambulants par la municipalité de Port-Louis, sous le mairat MSM/MMM. Il a décrié l’absence de dialogue entre les différentes associations de marchands et la mairie, laquelle sera traduite en Cour. Abdullah Hossen trouve regrettable que la municipalité de Port-Louis n’a toujours pas annoncé ses projets prioritaires à la presse.