Paul Bérenger, qui animait samedi la conférence de presse hebdomadaire de son parti, s’est dit très inquiet au sujet de la manière dont est géré le dossier sur la revendication de la souveraineté mauricienne sur les Chagos. Le leader du MMM se dit en effet préoccupé par le silence qui règne sur ce dossier alors que trois échéances sont à venir. Il n’a pas manqué de critiquer le Premier ministre, qu’il juge « incompétent » sur ce dossier.
La première échéance dont parle le leader des mauves est la période 2014/2016 avec le renouvellement de l’accord de 1996 entre les États-Unis et la Grande Bretagne au sujet de l’utilisation de Diego Garcia comme base militaire. « Ramgoolam a parlé de manière répétitive à l’Assemblée de renouvellement de l’accord mais ce qu’il ignore c’est que l’accord est renouvelé automatiquement et ce pour une période de 20 ans à moins que l’une des parties, soit les États-Unis soit la Grande Bretagne, décide d’y mettre fin ou d’y modifier quelque chose », explique Paul Bérenger. « Comment Navin Ramgoolam peut-il ignorer quelque chose d’aussi élémentaire ? » se demande le leader des mauves qui interprète cela comme une « ignorance » du dossier Chagos.
La deuxième échéance est le 22 avril prochain, date à laquelle, selon ses informations, sera entendue l’affaire concernant la décision du gouvernement de contester devant la Cour international de La Haye, la décision de la Grande Bretagne de créer un parc marin aux Chagos. En vertu des dispositions du Droit international de la mer, Paul Bérenger argumente qu’aucune des parties ne pourra faire appel contre la décision du Tribunal à moins que la Grande Bretagne et Maurice tombent d’accord à l’avance sur la possibilité d’un droit d’appel. Du coup, le leader des mauves se dit préoccupé en cas de décision finale de la Cour internationale de La Haye.
La troisième échéance à laquelle fait référence Paul Bérenger est la décision de Londres de lancer une étude de faisabilité sur le resettlement d’un certain nombre de Chagossiens, c’est-à-dire un retour éventuel sur leur îles natales. Selon les informations dont dispose le leader des mauves, l’étude sera prête en mars 2015. « Il y a un danger que Londres se serve de ces résultats pour semer la division entre Maurice et les Chagossiens », craint Paul Bérenger. Et de poursuivre : « Il est clair que ni Obama ni Cameron ne prennent Navin Ramgoolam au sérieux ».
Le leader du MMM avait abordé en premier lieu la nécessité d’amender les Standing Orders de l’Assemblée Nationale. Le gouvernement PTr/MMM avait fait amender la Constitution le 16 janvier 1996 pour permettre la nomination d’un Speaker à l’Assemblée Nationale même si ce dernier ne figure pas parmi les élus. Mais depuis, les Standing Orders du Parlement n’ont jamais été amendés en conséquence. Paul Bérenger invite à rectifier le tir à la rentrée parlementaire et demande que le Standing Orders Committee procède à un toilettage de l’ensemble des Standing Orders.
Commentant les cas Nitesh Ramdharry et Yatin Varma, Paul Bérenger trouve que le CCID et le bureau du DPP ont « mal agi » dans les deux affaires. « Au lieu de poursuivre Nitesh Ramdharry, la police a fait de lui star witness contre son propre avocat, Me Roshi Badhain », dit Bérenger. Cette histoire, estime-t-il, a causé beaucoup de préjudice à l’homme de loi. Le leader du MMM, qui dit suivre ces dossiers de très près, annonce qu’il reviendra en temps et lieu avec d’autres « histoires ».
Le sort d’une centaine d’étudiants, inscrits auprès de cinq institution tertiaires, inquiète également le leader des mauves, qui met en cause directement la responsabilité du ministre de l’Enseignement supérieur Rajesh Jeetah. « Ces étudiants et leurs parents vivent un calvaire… tout cela par la faute de Jeetah et sa fâcheuse manie de manipuler la Tertiary Education Commission (TEC) », s’indigne Paul Bérenger. Évoquant le cas de la JSS Academy et du Dr Y. Pathil Medical College, il considère que le coupable dans cette affaire est le ministre Jeetah. « Impossible de comprendre pourquoi Ramgoolam soutient Jeetah à ce point là ».
Concernant les tractations au sujet de la composition du gouvernement du Remake, Paul Bérenger a tenu à préciser que les discussions étaient toujours en cours avec le MSM. Il a tenu à démentir un article dans un quotidien qui faisait état, entre autres, du choix des candidats aux postes clés au cas où le Remake remporterait les prochaines élections.