Paul Bérenger, leader du MMM, dénonce le Premier ministre, Pravind Jugnauth, pour son « insulte » à travers sa « remarque arrogante » à l’encontre des opposants au projet de Metro Express. Selon le leader des mauves, ces opposants ont le droit d’exprimer leurs inquiétudes compte tenu, selon lui, du « manque de transparence » qui a entouré jusqu’ici la mise en chantier de ce projet. Néanmoins, précise-t-il, le MMM, « qui n’a pas pour habitude de s’opposer à la légère à un projet », se prononcera « sérieusement pour ou contre » le Metro Express après qu’il aura pris connaissance des détails de l’étude de faisabilité réactualisée des consultants singapouriens, de même que des propositions de la société indienne à laquelle le contrat de conception et de réalisation du projet aura été alloué demain.
Paul Bérenger explique que même si le writ of election pour la partielle techniquement prévue à Belle-Rose/Quatre-Bornes n’a pas encore été publié, du côté du MMM, les choses commencent déjà à se mettre en place. « Sauver l’île Maurice, sauver le pays » : telle est l’ambition que, ditt-il, son parti s’est donnée dans la perspective de cette élection de remplacement. Le leader des mauves ne dissocie ainsi pas la mobilisation en marge de la partielle au No 18 à celle pour de nouvelles élections générales qui, insiste-t-il, « ne sauraient tarder ».
Paul Bérenger assure à ce propos que le MMM a déjà commencé à travailler sa liste de 60 candidats. Il annonce particulièrement « des développements à venir » dans la circonscription N° 7 (Piton/Rivière-du-Rempart) après l’annonce déjà faite de la candidature de deux nouveaux adhérents à Belle-Rose/Quatre-Bornes aux prochaines législatives, à savoir Jean-François Leckning, fils de l’ancien député et maire Cyril Leckning, et le Dr V. Pauvaday, jusqu’à tout récemment directeur général des services de Santé avant son départ à la retraite de la fonction publique.
Paul Bérenger assure, en passant, qu’importe si le MSM présente ou pas un candidat pour la partielle au N°18, « il n’y a rien et il n’y aura rien », affirme-t-il, entre le MMM et le parti du Premier ministre, Pravind Jugnauth. « Le MMM se présentera seul aux prochaines élections générales ». Il trouve par ailleurs « un peu ridicule » que certains s’obstinent encore à proposer un candidat unique de l’opposition pour cette élection de remplacement alors que, rappelle-t-il, le MMM, le PTr et le PMSD ont déjà désigné chacun leur candidat.
Congrès ML : « Manze, bwar »
Le leader des mauves constate que cette insistance pour un candidat unique de l’opposition vient essentiellement de « ceux-là mêmes qui semblent incapables de trouver un candidat de leurs propres rangs pour les représenter ». Quant à l’éventualité d’une candidature ML pour représenter le gouvernement, Paul Bérenger ironise sur la représentativité populaire de ce parti. Il fait état à ce propos de propositions de « manze-bwar » et autre « bis lamer » qui auraient été faites notamment à des personnes âgées en échange de leur présence ce dimanche au Plaza, où le ML célèbre son troisième anniversaire.
Enchaînant avec le projet de Metro Express, Paul Bérenger dit espérer qu’avec le dévoilement, demain, du nom du sousmissionnaire sélectionné pour la conception et la construction de ce vaste projet, l’étude de faisabilité réactualisé réalisée par Singapore Enterprise Corporation sera finalement rendue publique. Pour lui, la publication de cette étude remaniée est indispensable en vue d’une appréciation exacte du projet.
Il s’agira, explique le leader du MMM, d’analyser les éventuels changements dans le tracé, le nombre final de stations où les rames du métro transiteront et, plus important, selon Paul Bérenger, prendre connaissance du nombre final de tronçons qui seront construits en surélévation. Il explique que la construction en surélévation ou pas du tracé à certains endroits est susceptible d’impacter, entre autres, sur certaines activités commerciales qui s’y tiennent jusqu’ici.
Paul Bérenger explique de même que le choix fait pour la construction du tronçon en surélévation en certains autres endroits sera déterminant pour la préservation ou pas de certaines infrastructures sportives existantes. Le leader du MMM dénonce dans la foulée ce qu’il considère être les « insultes » qu’auraient proférées le Premier ministre à l’encontre de ceux qui s’opposent au projet de Metro Express. « Compte tenu du manque de transparence qui a entouré jusqu’ici ce propjet, la population, les ONG et les syndicats ont des raisons de s’inquiéter. »
Pour Paul Bérenger, plutôt que de la remarque « arrogante » de Pravind Jugnauth les accusant de « vivre encore à l’époque de la préhistoire », ces personnes, ONG et syndicats avaient droit à tous les renseignements nécessaires. Cela dit, le leader des mauves, qui assure que son parti n’a pas pour habitude de s’opposer « à la légère » à un projet, s’impatiente de prendre connaissance de l’étude réactualisée des Singapouriens avant de se prononcer « sérieusement pour ou contre ».
Revenant un moment à la menace de mort proférée par le vice-Premier ministre et ministre des Terres et du Logement, Showkutally Soodhun, à l’encontre du leader de l’opposition, Xavier Duval, Paul Bérenger juge « déplorable » que le controversé ministre du gouvernement soit demeuré en poste après un tel écart de langage lors de la célébration d’une fête religieuse. Tout aussi déplorable, trouve-t-il, le fait que ce n’est qu’à son retour « plusieurs jours après les faits incriminés », que le vice-Premier ministre sera finalement interrogé par la police.
Le leader du MMM trouve que les autorités devraient mesurer combien, non seulement, ces propos incendiaires du Numéro 4 du gouvernement ont été forts dommageables pour le gouvernement, mais encore plus, dit-il, pour l’image du pays à l’étranger. « Le comble c’est que ce ne soit personne d’autre que l’avocat Gulbul qui défendra l’accusé Soodhun ! » note Paul Bérenger. Il assure par ailleurs que la force policière, qui célèbre ces jours-ci son 250e anniversaire de création, compte en son sein « nombre d’officers de valeur ».
« Triste que le CP se ridicule autant »
Aussi, Paul Bérenger dit sa « tristesse » qu’en ces jours, le commissaire de police en fonction, Mario Nobin, « ait choisi de se ridiculiser autant » dans cette affaire Soodhun. Parallèlement, il se dit « pas du tout impressionné » par la performance du Commissaire des Prisons Appadoo. « Nous ne savons d’ailleurs toujours pas qui du Mentor ou du Minor est responsable des services pénitentiaires », souligne le leader du MMM, pour qui « l’attitude » et « la façon de faire » du commissaire Appadoo sont critiquables.
Paul Bérenger exprime d’autre part sa satisfaction qu’à la suite de ses commentaires sur la situation à Saint-Brandon, l’Outer Islands Development Corporation (OIDC) a choisi de sévir contre ceux qui avaient érigé sur place des structures illégales. Pour lui, s’il s’avérait que les contrevenants opéraient sur place pour le compte d’un deuxième opérateur disposant d’un permis, ce permis devrait lui être enlevé pour activités illégales.
Le leader du MMM estime que les autorités devraient en fait avoir à l’oeil tous ceux sur place dont l’opérateur historique, Raphaël Fishing. En matière de préservation de l’écosystème marin, Paul Bérenger appelle les autorités en général à prendre exemple sur l’Assemblée régionale de Rodrigues qui, dit-il, a des leçons à nous offrir dans la protection du lagon et des zones côtières.
Le leader des mauves commente aussi le rétablissement dans ses droits de l’officier du Central Electricity Board Farad Koreeman par l’Employment Relations Tribunal. Paul Bérenger assure une fois encore que ce n’est pas ce dernier qui lui a refilé des renseignements sur la corporation du temps où il était leader de l’opposition. Pour lui, maintenant que l’ERT a tranché, Farad Koreeman doit être rétabli dans ses fonctions au CEB sans autre forme de procès.
La décision du Premier ministre pakistanais, Nawaz Sharif, de démissionner après avoir été trouvé coupable de corruption par la Cour suprême de son pays fait aussi l’objet de commentaires de Paul Bérenger. Le leader du MMM salue l’exemple que donnent ainsi les institutions de ce pays. Il souhaite en passant que « l’évolution positive » des relations entre le Pakistan et son voisin indien sous le primeministership de Nawaz Sharif se poursuive avec la désignation de son remplaçant. En marge des nouvelles élections générales au Pakistan l’an prochain, Paul Bérenger souhaite bonne chance à ce pays.