« À mon avis, le contrat de CT Power ne pourra être implémenté tel qu’il est. Entre la signature du contrat et ce jour, beaucoup de choses se sont passées. Entretemps, les paramètres ont changé ! » a déclaré hier matin Patrick Assirvaden, président du Parti travailliste, lors de la conférence de presse du parti. Ce commentaire n’était pas le seul formulé sur le dossier brûlant de CT Power. Le sujet a été longuement commenté par le président des rouges. Et après sept ans de procédures avant l’aboutissement de la signature du contrat, le Parti travailliste, par la voix de Patrick Assirvaden, pense « qu’il faut renégocier celui-ci » et attend, voire demande, la publication du rapport Hunton and Williams, commandité à l’époque. « Le clou des PPA (ndlr : Power Purchasing Agreements) n’est pas dans leur publication. Mais la publication du rapport Hunton and Williams. Ladan (ndlr : le rapport) ki ena tamassa ! » devait ironiser ce dernier.
Le PTr est aussi d’avis que « de tous les rapports, le contrat de CT Power se distingue de autres signés ». Ainsi, celui de CT Power séduit avec des avantages prometteurs. Il permettra au Central Electricity Board, entre autres de détenir 26% des actions de CT Power, d’acquérir la centrale après 20 années d’opération contre seulement un dollar symbolique, une série de limites sur les profits liés à la fluctuation sur les devises étrangères et à l’indexation du prix de vente sur l’inflation… En résumé, « pour le CEB, le contrat de CT Power est plus avantageux que n’importe quel autre contrat. »
Pour Patrick Assirvaden, si la publication des contrats des sept Independent Power Producers (IPP) a été rendue possible, le crédit revient à un seul et unique homme, en l’occurrence le Premier ministre et leader du Parti travailliste, Navin Ramgoolam. Ce dernier, au nom de la transparence, dit-il, s’est battu pour cela. Et ce, contrairement au MMM et au MSM, qui n’ont jamais demandé la publication des contrats du genre. Selon Patrick Assirvaden, les récentes déclarations de Pravind Jugnauth ont démontré sa méconnaissance du dossier des IPP. Quant au leader de l’Opposition, Alan Ganoo, il serait, selon Patrick Assirvaden, également « mal placé pour parler sur ce dossier ». Le président des rouges a évoqué le contrat de la Centrale Thermique du Sud (CTDS), signé en 2003, et qui prônait une utilisation du charbon à 100%, alors qu’Alan Ganoo était ministre de l’Énergie. Et toujours à propos de CTDS, Patrick Assirvaden a « invité les écologistes du dimanche à visiter les alentours et les karo pistas de St-Aubin envahis par les résidus de charbon ». Il s’est aussi demandé pourquoi « personne ne parle du rapport K&M Engineering ». Ce rapport, commandité en 2001 sous le gouvernement MMM/MSM, avait recommandé la construction d’une centrale thermique à Pointe-aux-Caves.
Il est revenu au secrétaire général du parti et ministre de la Santé, Lormus Bundhoo, de commenter les inondations qui ont paralysé le pays mercredi dernier. Il a essentiellement énuméré les qualités du Premier ministre dans la gestion de cette catastrophe naturelle. Lormus Bundhoo a aussi rappelé que l’effondrement du pont de Souillac est survenu pendant la construction de celui-ci, alors que la structure était encore fragile.
Le clan Jugnauth n’a pas échappé aux critiques du ministre de la Santé. Pravind Jugnauth, qui a, dit-il, demandé une enquête policière après les récents propos (à caractère racial) de Sumduth Dulthumun, président de la MSDTF, devrait aussi formuler la même demande après que son père, Anerood Jugnauth, a qualifié une section de la population de « démons ». Lormus Bundhoo a aussi invité les Jugnauth a être plus transparents sur le financement et les revenus du Sun Trust Building.
Intervenant en dernier, Mamade Khodabaccus, secrétaire général du PMSD, a pour sa part annoncé la présentation au Cabinet des recommandations faites à l’intention de la Commission Justice et Vérité.