« Le régime en place dégage un parfum de fin de règne ». C’est ce qu’estime le leader du PMSD, Xavier-Luc Duval. Suite au scandale autour du salaire de Vijaya Sumputh, le Mouvement Liberater (ML) est devenu selon lui « comme un partenaire encombrant pour le MSM ». Lors de sa conférence hebdomadaire à Port-Louis, hier, il a par ailleurs déclaré que « le fait que Pravind Jugnauth n’était pas au courant du salaire de Vijaya Sumputh est une preuve indéniable de dysfonctionnement ». En outre, insatisfait des réponses apportées par le ministre du Transport, Nando Bodha, à sa Private Notice Question (PNQ) mardi, le leader de l’opposition a indiqué qu’il reposera une autre question sur le métro express lors d’une autre séance parlementaire.
Xavier-Luc Duval s’est dit très satisfait de la performance de l’opposition mardi au Parlement. « Nous avons montré que nous sommes percutants et dynamiques et nous avons agi en consensus. Cela est de bon augure pour le futur ». Commentant les réponses à sa PNQ sur le métro express, le leader de l’opposition devait parler de « mauvaise foi de Nando Bodha. Cela a démontré l’incompétence du gouvernement et de Nando Bodha sur ce dossier et un manque de planification dans le traitement du dossier ». Si le projet sera implémenté par une compagnie privée appelée Metro Express Ltd, Xavier-Luc Duval a pris l’exemple de Mauritius Telecom et d’Air Mauritius pour montrer que souvent il n’y a pas de transparence et « les ministres refusent de répondre à des questions au Parlement ». Il a dit regretter que le ministre du Transport ait « pris l’engagement de refuser de répondre à des questions sur le métro express ».
Xavier-Luc Duval souligne que deux types de contribuables financeront ce projet, soit l’Inde, à hauteur de Rs 10 milliards et Maurice, à hauteur de Rs 7,7 milliards au moins. Il a dit avoir rencontré lundi le ministre indien des Affaires étrangères, Subrahmanyam Jaishankar, à l’hôtel Oberoi où il lui a fait part de ses inquiétudes concernant le risque de gaspillage d’argent durement économisé par les Mauriciens. Pour Xavier-Luc Duval, il est « très important de placer Metro Express Ltd sous la Public Procurement Act (PPA) », comme c’est le cas pour la CHCL. La PPA, dit-il, « instaurera une certaine règle et apportera un certain contrôle sur la manière d’allouer des contrats ». Il s’est dit d’avis que le métro express, lorsqu’il sera opérationnel, engendra des dépenses de Rs 1 milliard par an. « Il y aura beaucoup de contrats autour du projet ».
Le leader de l’opposition a indiqué qu’il avait aussi voulu, à travers sa PNQ, que le gouvernement justifie l’option du métro express plutôt que le Bus Rail Transit, et explique pourquoi le premier est meilleur que le second. Il a rappelé qu’un rapport a déjà montré qu’en moyenne, les projets de métro coûtent 45 % plus cher que le coût de départ et que le nombre de passagers estimé est exagéré de 51 %. « Nando Bodha a, lui, parlé de 80 000 passagers ». Pour Xavier-Luc Duval, « il ne faut pas tourner un rêve en cauchemar ». Il a regretté que le ministre n’ait pas apporté plus d’éclaircissements au sujet des travailleurs. Et de déplorer le délai d’un mois accordé aux habitants qui doivent évacuer leur maison alors que certains y habitent depuis une trentaine ou une quarantaine d’années. L’exemption du projet d’une Environment Impact Assessment (EIA) prive le pays, dit-il, d’une bonne évaluation quant au bruit qu’est susceptible d’engendrer le projet, les vibrations, le trafic, le danger pour les véhicules.
S’agissant de l’affaire Sumputh, le leader de l’opposition déplore que le ministre Anwar Husnoo « n’ait pas dit la vérité au Parlement. Nous lui demanderons de publier le contrat de Vijaya Sumputh car l’ancien directeur du Cardiac Centre touchait Rs 117 000 et l’ancienne directrice elle, selon M. Husnoo, percevait Rs 323 200. Cette dernière était sur contrat et toute personne sur contrat auprès du gouvernement touche 25 % de plus par rapport à son salaire. Donc, Vijaya Sumputh touchait Rs 405 000 ».
« Nous avons vérifié la loi et l’article 7 de la loi du board du Trust Fund for Specialised Medical Care stipule que le board doit décider avec l’accord du ministre de la Santé. Donc, si Mme Sumputh a été payée plus que la somme autorisée, c’est illégal et il lui faudra rembourser. Soit le ministre a approuvé soit il n’a pas approuvé », poursuit Xavier-Luc Duval. Il estime qu’il serait « surprenant qu’un board prenne une décision seul. Le ministre Gayan a dû intervenir ». Pour lui, il faut que l’enquête se poursuive. « Nous ne voulons pas de cover up dans ce dossier. Il faut une commission d’enquête présidée par un magistrat ».
Xavier-Luc Duval a tenu à préciser que le fait que les partis de l’opposition, à l’exception du MMM, soient restés assis à l’arrivée de la Speaker ce mardi, était un acte délibéré qu’ils observeront « tant que la motion de blâme contre la présidente de la Chambre ne sera pas débattue ».
Commentant le récent langage du ministre mentor, sir Anerood Jugnauth, Xavier-Luc Duval y a vu « un exemple de grandeur et de décadence ».
Concernant le rapport de l’Audit, il s’est targué qu’il n’y ait pas de « maldonne financière » au Tourisme.
Le leader du PMSD a enfin annoncé la tenue de son congrès annuel le 30 avril prochain à l’École hôtelière SGD sur le thème « Gouverner autrement ». À cette occasion, un manifeste pour une nouvelle île Maurice sera présenté.