Le Remake 2000 a tenu une conférence de presse hier en présence des candidats de huit wards de Port-Louis aux prochaines municipales pour clôturer sa campagne dans la capitale. Pour Jean-Claude Barbier, principal animateur, le response des citadins sur le terrain augure un vote qui va s’exprimer « avec colère pour montrer le ras-le-bol des électeurs ». Il était entouré de Reza Uteem, d’Ariane Navarre-Marie, de Veda Baloomoody, de Joe Lesjongard et d’Adil Ameer Meeah. Ce dernier note que 90 % des conseillers sortants n’ont pas obtenu de tickets et invite les citadins à compléter l’« auto-nettoyage » à la municipalité de Port-Louis.
Le choix du vieux Théâtre municipal en ruines pour abriter la conférence de presse s’est voulu « symbolique de la faillite de l’administration de la ville durant ces sept ans », a déclaré Jean-Claude Barbier. « C’est un joyau qui fait partie du patrimoine mondial des théâtres à l’italienne et possédant une forte valeur culturelle et touristique » inexploitées par la mairie Ptr/PMSD qui n’a démontré « aucune volonté de continuité dans l’investissement fait sous l’administration MMM pour rénover le théâtre et le préserver ».
Jean-Claude Barbier a critiqué « l’absence totale de politique culturelle » de l’équipe sortante, en comparaison aux initiatives prises dans le passé : concours Étoiles de la Cité, spectacles, construction de centres polyvalents de quartiers pour dénicher et encadrer les talents de la jeunesse port-louisienne. « Le Conseil Ptr/PMSD n’a rien fait pour implémenter le programme initié par le MMM. Aujourd’hui, le Centre de Borstal est devenu un lieu de tapage nocturne, de fleaux et les équipements achetés ont disparu. » Il a promis la redynamisation de la culture dans la Cité afin de la rendre vivante et saine.
Veda Baloomoody s’est inquiété de la montée de la criminalité et de la sécurité menacée dans les rues de « la ville de frayeur ». « Minispalite ena so par responsabilite, li pa finn travay avek lapolis, fors viv, pou konbat ladrog ki minn la zenes. Boukou landrwa inn neglize, pena lalimyer, terin vag enkouraz kriminalite. » Une administration mauve-orange, promet-il, instituera un Comité de Vigilance, en collaboration avec la police et les conseillers de l’endroit.
Ariane Navarre-Marie a déploré l’absence de projets pour les femmes, les enfants et la famille. « Dans le passé, on avait créé l’Amicale féminine de Port-Louis qui regroupait les associations féminines. Jumelées à La Possession, Réunion, elle organisait des activités d’empowerment des femmes. Il y avait aussi le Foire du Livre, le Salon de l’Agriculture… On avait ouvert des crèches pour permettre aux mamans d’avoir une activité ; organisé des après-midis familiales. Zordi pendan vakans paran bizin ferm zanfan dan lakaz ou bien zot trenn lari. »
Reza Uteem a parlé des « scandales financiers, gaspillages et abus », brandissant une paire de bottes d’éboueur achetées par la municipalité à Rs 2 000. « Ou cash sa, sorti dan ou pos », rappelle-t-il, affirmant qu’il y a eu « plusieurs projets lancés sans passer par des appels d’offres ; des barres de fer ont disparu de l’entrepôt municipal et retrouvées chez des particuliers ». Il a évoqué l’affaire de colis arrivé dans un container au nom d’un conseiller, des voyages de conseillers et des membres de leurs familles à La Réunion aux frais de la municipalité de Port-Louis et a allégué qu’il y a eu des abus avec la voiture mairale : « Résultat, Rs 60 millions de déficit et aucune sanction contre qui que ce soit. »
Pour Joe Lesjongard, les propos de l’Alliance Ptr/PMSD relatifs à une synergie nécessaire entre gouvernement et municipalités ne tiennent pas la route : « Le Conseil possède sa propre autonomie pour gérer la ville. » Évoquant l’état de délabrement de nombre d’infrastructures municipales, il a promis « un audit de celles-ci en cas de victoire MMM/MSM, un programme de maintenance et un plan de six ans pour les projets de développement ».
Adil Ameer Meeah a axé son intervention sur le problème des marchands ambulants, rappelant l’investissement de Rs 600 millions fait pour un Hawkers’ Palace, devenu sous l’administration rouge/bleue « un éléphant blanc alors qu’il aurait pu caser 600 marchands et nourrir autant de familles ». Il a tenu à « dénoncer la démagogie de Shakeel Mohamed » qui aurait déclaré que la municipalité de Port-Louis a abandonné le projet « parski ti prevoir pou loue bann etal pou Rs 13 000 ». Pour preuve de la « malhonnêteté » du député travailliste, la mairie loue les étaux à Rs 5 000. « Si sept ans apre li vaut Rs 5 000 kouma nou ti pou kapav loue pou Rs 13 000 sa lepok-la ? » Le Remake dit noter que le Ptr/PMSD n’a toujours pas présenté son programme pour les villes dans le cadre des élections municipales dimanche.