Le leader du MMM, Paul Bérenger, qui commentait ce matin la mission officielle du Premier ministre Pravind Jugnauth en Inde, a réclamé la publication de l’accord conclu entre la SBM et l’Exim Bank de l’Inde ainsi que l’accord de garantie signé entre le gouvernement mauricien et les autorités indiennes. Concernant les spéculations autour du statut d’Agaléga, Paul Bérenger a affirmé que son parti reste « très vigilant » tout en estimant qu’il n’y a « rien d’anormal ni d’inquiétant pour le moment ». Afin de dissiper tous les doutes, il souhaite que le Maritime Security Agreement soit rendu public.
Le MMM a remercié l’Inde pour cette ligne de crédit, comme il l’avait fait en 2015 pour celle annoncée par le Premier ministre indien, Narendra Modi, lors de sa visite officielle, et ce à des taux concessionnels. Selon lui, la décision du gouvernement d’accepter la nouvelle ligne de crédit « n’est pas due au niveau du taux d’intérêt, très bas, mais à la supposée possibilité que la ligne de crédit n’entre pas dans la dette publique », comme c’est le cas pour les prêts ordinaires grâce à un nouvel instrument financier qui a été créé à travers la SBM. Pour Paul Bérenger, les explications données par le Premier ministre concernant la garantie des prêts, tranche par tranche, « ne tiennent pas debout ». En revanche, dit-il, « ce qui est vrai, c’est que le gouvernement garanti le prêt concessionnel obtenu par la SBM de l’Inde ». Cette transaction, estime-il encore, nécessite la signature de deux accords, à savoir un premier entre la SBM et l’Exim Bank de l’Inde et, le second, un accord de garantie entre le gouvernement mauricien et les autorités indiennes. Dès lors, il demande que ces deux accords soient rendus publics.
Selon son interprétation de ce qui s’est passé, Paul Bérenger pense que la SBM a obtenu un prêt avec la garantie du gouvernement mauricien. La particularité de cette nouvelle ligne de crédit consiste « à ne pas prendre tous les Rs 18 milliards d’un seul coup ». La SBM puisera dans la ligne de crédit lorsqu’il y aura des projets à financer. Elle passera ensuite par un Special Purpose Vehicle, qui investira des “redeemable preference share” des compagnies, entité gouvernementale ou corps paraétatiques dans lesquels la SBM mettra de l’argent. « C’est la même méthode qui devait être utilisée pour l’Heritage City », constate Paul Bérenger. Toutefois, il doute fort que le FMI acceptera ce qu’il a qualifié de « gimic ». Car, selon lui, le FMI veut que toutes les garanties accordées par le gouvernement ainsi que les dettes des entités comme la State Bank et de la MauBank, garanties par le gouvernement, soient tenues en compte par la dette publique. « Il a beaucoup de flou sur ce que fait le gouvernement, mais le fait reste que le gouvernement empruntera USD 500 millions sur une certaine période, somme qui doit être remboursée. »
Par ailleurs, Paul Bérenger prévoit qu’une partie de cette ligne de crédit serait utilisée par le métro express. Il estime que la nouvelle position adoptée par Pravind Jugnauth indique qu’il « a accepté que le coût du projet dépassera les Rs 17 milliards ». Il réclame dès lors à nouveau que l’étude de faisabilité réalisée par les experts singapouriens soit rendue publique.
Paul Bérenger est également revenu sur les travaux financés par l’Inde à Agaléga. Il a demandé que le MoU signé entre Maurice et l’Inde concernant les projets en cours soit rendu public. Quant aux spéculations autour du statut d’Agaléga, il a affirmé que le MMM reste « très vigilant » mais a affirmé n’avoir constaté « rien d’anormal ni d’inquiétant concernant ce que l’Inde compte faire à l’archipel à ce stade ». Il a toutefois insisté sur le fait que l’accord concernant le Maritime Security Agreement soit rendu public.
Paul Bérenger a finalement présenté ses sympathies aux anciens clients du SCBG. « Pravind Jugnauth avait pris un engagement et, maintenant, il fait marche arrière. Ce qui est particulièrement cruel parce qu’il a “raise expections” et a créé des espoirs en affirmant que la question serait évoquée en Inde. Ce qui n’a pas été le cas. Attendons toutefois ce qu’il compte proposer », a-t-il conclu.