Le mouvement politique de gauche, Rezistans ek Alternativ, a lancé depuis hier une campagne internationale pour que la souveraineté de Maurice sur les Chagos soit reconnue. Les membres du parti lancent un appel à des alliés et des mouvements sociaux des pays africains, d’Afrique australe et de l’océan Indien pour que ceux-ci se joignent à eux. La question chagossienne reste un sujet clé pour ce parti qui demande au gouvernement d’agir plutôt que de parler.
Lors d’une rencontre avec la presse samedi matin à son siège social à Moka, Michel Chiffonne, membre de Rezistans ek Alternariv, soutient que la campagne lancée vise à rendre toute la zone de l’océan Indien un endroit de paix. « Nous savons que la base militaire recèle des armes nucléaires. Or, le but de notre campagne est d’instaurer la paix, car nous ne voulons pas d’une base militaire sur notre territoire. Nous sommes contre l’utilisation de ces armes à faire souffrir les autres », a-t-il dit. Pour étoffer cette campagne, Rezistans ek Alternativ souhaite la collaboration de tous les alliés, des mouvements sociaux d’Afrique et de l’océan Indien pour exiger la fermeture de la base militaire sur Diego Garcia.
L’initiative du leader du MMM, Paul Bérenger, demandant aux parlementaires de se rendre aux Chagos par bateau est favorablement accueilli par Rezistans ek Alternativ. Toutefois, Michel Chiffonne reste sceptique quant à la réalisation de ce projet. Pour que Maurice retrouve son droit de souveraineté sur l’archipel des Chagos, le gouvernement devrait mener des actions concrètes, et non s’éterniser sur des discussions stériles, dit le porte-parole du parti. «Le gouvernement tergiverse.
Nous demandons au Premier ministre d’aller de l’avant avec cette initiative. Il faut qu’il agisse », insiste Michel Chiffonne.
La réforme électorale a aussi été un point soulevé par Rezistans ek Alternativ. Exaspéré qu’une réforme électorale ne soit pas encore chose faite, Kugan Parapen, autre membre du parti, demande au gouvernement de dévoiler le contenu de la réforme électorale avant que la plainte constitutionnelle logée en Cour suprême ne prenne effet le 3 novembre prochain. « On ne peut parler de réforme électorale si l’on conserve le même système. Il faut qu’il y ait un meilleur système. Nous constatons que le MSM et le PMSD ont toujours été réfractaires à la réforme électorale », constate-t-il. Selon lui, la proportionnelle est inévitable et doit être incluse dans la réforme. Kugan Parapen s’insurge contre le comité qui se penche sur cette réforme. « Ce comité est opaque et nous n’avons aucune idée sur l’avancée des travaux ». Pour lui, le gouvernement ferait mieux d’en parler, plutôt que d’aller en Cour.
Par ailleurs, lors de cette rencontre, Aichah Sookree a fait ressortir que la consommation de drogues de synthèse est alarmante dans le pays. Selon elle, le ministre de la Santé, Anil Gayan, ferme les yeux sur ce problème.
Ashok Subron, qui a fait une courte intervention lors de cette conférence, pense que les Chagos ne reviendront pas à Maurice si l’on n’oppose pas une forte résistance aux Américains et aux Britanniques.