Pendant que le public découvrira enfin Le Phoenix rouge que l’artiste français Lionel Sabatté a réalisé au Morne pour les 180 ans de l’abolition de l’esclavage, le critique d’art Philippe Piguet donnera une conférence au Mahatma Gandhi Institute, lundi 2 février, à 10 heures. Le thème de son allocution n’a rien à voir avec l’histoire, la mémoire ou l’esclavage, mais cet auteur fait partie du cercle des spécialistes qui suivent de près l’étonnant travail de ce jeune homme obstiné qui a réalisé ces dernières années un bestiaire d’un « autre monde », comme il l’écrit si bien, explorant la plasticité de matériaux a priori aussi inappropriés que la poussière du métro, des chutes de peau et rognures d’ongles, du thé et toutes sortes de choses qu’il se plaît à solidifier, sculpter et transformer en objets d’arts tout à fait durables.
Spécialiste de l’impressionnisme et de l’art contemporain tel qu’il se manifeste depuis des années 80, Philippe Piguet suit — ou a suivi — le travail de très nombreux artistes, parmi lesquels on trouve par exemple Giuseppe Penone, Jean-Michel Basquiat, César, Gérard Garouste, Jean-Charles Blais, Valérie Belin et de nombreux membres du courant de la figuration libre, Georges Rousse, Claude Viallat, Jacques Monory, etc. Collaborateur régulier de la très respectée revue L’oeil, du Journal des Arts ou même de Arts Press, le conférencier siège aussi dans différentes commissions publiques d’achat en France, et a assuré le commissariat général de plusieurs expositions, monographies ou événements thématiques. Lundi, face aux étudiants du MGI et aux amateurs d’art qui se déplaceront éventuellement, il s’exprimera sur les mécanismes et acteurs du marché de l’art, particulièrement dans le domaine de l’art contemporain. Un sujet qui devrait intéresser tous ceux qui à Maurice tentent de professionnaliser ce secteur, qui croient au potentiel du pays pour l’expression plastique ou qui plus simplement, cherchent des solutions pour développer de nouveaux marchés… A-t-on jamais imaginé que l’art contemporain pouvait aussi contribuer à l’économie d’un pays, aussi discrètement que cela soit ?