« La sécurité dans l’océan Indien s’inscrit dans un contexte global et ne doit pas être évoquée isolément », a affirmé ce matin le ministre des Affaires étrangères. Vishnu Lutchmeenaraidoo procédait à l’ouverture de la conférence du Contact Group on Piracy off the coast of Somalia. Quelque 200 délégués représentant 24 pays ainsi que des représentants de l’Union européenne, de l’Union africaine, des Nations Unies et de la COI participent à cette réunion, qui se tient à l’hôtel Intercontinental, Balaclava.
Vishnu Lutchmeenaraidoo a, dans son intervention, plaidé pour une coopération régionale et internationale raffermie face aux multiples risques sécuritaires grandissants dans la partie ouest de l’océan Indien. Il estime ainsi que la région est « de plus en plus vulnérable » face aux dangers du trafic de drogue, de la piraterie, du trafic humain, de la pêche illégale, du pillage des ressources marines et de la contrebande, entre autres.
Pour le ministre des Affaires étrangères la question de la sécurité maritime est « au coeur des préoccupations de la COI », dont il est actuellement président. Il annonce à cet effet une réunion de haut niveau des ministres de l’intérieur de la COI début octobre pour se pencher sur la question et trouver des moyens pour rendre la zone plus sûre. « Il faut que la communauté internationale soutienne nos efforts en matière de sécurité maritime. Il ne sert à rien à mettre de l’ordre chez soi si, chez le voisin, il y a toujours du désordre. Il faut une action concertée pour contrer l’insécurité maritime », a insisté le ministre.
Vishnu Lutchmeenaraidoo a observé que le trafic de drogue par voie maritime dans la région a pris « une dimension inquiétante », avant de dire craindre que la zone ne soit devenue « un point de transbordement de stupéfiants dans un circuit international ». Dans le même souffle, il a attiré l’attention sur les risques concernant le blanchiment de l’argent sale et la nécessité d’être vigilant concernant ce problème, « en particulier pour un centre financier comme Maurice ». Le ministre a aussi insisté sur la raison d‘être du  groupe de contact sur la piraterie au large des côtes de la Somalie, soutenant que cette structure doive maintenir et rehausser sa mission dans le cadre de la stratégie de sécurité régionale.
Le sous-secrétaire des Nations Unies pour les Affaires politiques, Taye-Brook Zerihoun, a pour sa part souligné la nécessité de « s’attaquer aux causes de la piraterie à la source ». Il maintient également que « les risques de résurgence des activités des pirates dans le Golfe d’Aden et dans l’océan Indien sont toujours réels, même s’il y a eu une accalmie » au cours de ces dernières années.
Le ministre somalien de la Pêche, M. Abdirahman Abdi, a pour sa part indiqué que la sécurité maritime est une des priorités du nouveau gouvernement en place en Somalie. Le nouveau régime, dit-il, « favorise la création d’emplois pour les jeunes comme un moyen durable pour contrer la pauvreté et les délinquances ». Selon lui, la pauvreté et le chômage « sont des raisons qui poussent les Somaliens vers les activités de piraterie ».
L’ambassadeur Barry Flaure, secrétaire d’Etat des Seychelles et président du groupe de contact, a, lui, fait état des initiatives régionales dans le combat contre l’insécurité dans nos mers. Pour rappel, les Seychelles abritent déjà un centre régional de coordination opérationnelle sur la surveillance maritime de la zone. La cérémonie de la signature de l’accord pour la mise en place de cette structure avait eu lieu le samedi dernier en présence du ministre Vishnu Lutchmeenaraidoo, qui était en mission dans l’archipel. La conférence prend fin cet après-midi à l’issue de l’adoption d’un communiqué commun.