Poursuivant sa série de conférences à Maurice, l’écrivain, journaliste, essayiste et poète né à Fès (Maroc), juré Goncourt, Tahar Ben Jelloun, a livré ses réflexions sur les révoltes dans les pays arabes mercredi à l’Institut français de Maurice. La conférence avait pour titre « Le printemps arabe… et après ? ». Un thème qui a permis à l’auteur d’examiner individuellement la situation dans les pays arabes (Tunisie, Egypte, Algérie, Yémen, Maroc et Libye), de parler de la nature de cette révolte, le manque de démocratie dans le monde arabe et les conséquences de la politique de grandes nations.
Tahar Ben Jelloun a commencé son intervention en faisant ressortir que le monde arabe a connu de moments d’espoir et de désespoir, mais n’a pas connu une révolution structurée (par une organisation et avec un programme) à cause de divisions internes. Il y avait une grande tension et le grand désespoir du peuple. L’auteur revient sur le 17 décembre 2010 quand Mohamed Bouazizi s’immole par le feu. C’est le signal déclencheur de la révolution de Jasmin en Tunisie et de ce qu’on nommera le « printemps arabe ». Mais ce printemps qui a donné une espérance ne va pas tenir toutes ses promesses.
Le conférencier établit le constat suivant : « Le monde arabe dans sa globalité n’existe pas… il n’y a pas d’identité cohérente… » Cette révolte a été spontanée, souligne-t-il. Il note aussi la responsabilité importante des Européens dans le maintien des régimes impopulaires. Les Nations Unies, dit-il, n’ont plus de contact avec la réalité quotidienne. Tahar Ben Jelloun parle d’un contexte géopolitique « catastrophique » marqué par un manque de transparence démocratique, la non-reconnaissance de l’individu, de la femme. C’est la culture, dira notre intervenant « qui va nous sauver… » C’est le moment ou jamais de faire en sorte que l’enfant d’aujourd’hui soit protégé.