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Beaucoup d’employés de maison qui ne sont pas enregistrés disent ne pas avoir perçu de salaire fin mars

L’embauche d’un employé de maison implique des charges et des démarches pour son employeur. Or, en cette période de confinement, et donc depuis le 19 mars, ces travailleurs ne peuvent plus assurer leurs fonctions quotidiennes, car ils ne figurent pas dans la catégorie des services essentiels et ne peuvent de fait se déplacer pour se rendre au travail. Certains sont enregistrés, alors que d’autres, non.

Aussi, estimant être mis à l’écart de la démarche du gouvernement visant à venir en aide aux défavorisés économiques, ils lancent un appel au gouvernement en vue d’obtenir une aide financière. A Maurice, aucune société ni association ne règlemente la situation du personnel de maison. Il faut ainsi savoir tout d’abord que d’avoir un employé à domicile nécessite que ce dernier soit obligatoirement déclaré auprès du bureau du travail de sa localité. Ce qui est loin d’être le cas, la plupart des employés de maison de Maurice n’étant en effet pas enregistrés et n’ayant même pas de contrat de travail, même après avoir travaillé plusieurs années au sein d’une même famille. Ces personnes sont en effet engagées par le biais du bouche-à-oreille ou de petites annonces. Pourtant, nombreux sont les Mauriciens à s’assurer les services de tels employés, lesquels travaillent donc pour leur propre compte, tant pour la cuisine, le ménage ou le repassage.

Certaines de ces personnes opèrent 5/7 jours alors que d’autres sont engagées à temps partiel. Il faut savoir qu’avec l’introduction du salaire minimum, un employé de maison peut toucher un minimum de Rs 8 140 s’il travaille à plein-temps. Par ailleurs, l’on compte plus de 23 100 employés de maison enregistrés (cuisiniers, chauffeurs, jardiniers, gardes-malade, femmes de ménage, gardiens…). Le problème, c’est que depuis le couvre-feu, ces employés ne travaillent pas. Ne figurant pas dans la catégorie des services essentiels, ils ne peuvent se rendre au travail et ont d’ailleurs été priés de rester chez eux. Une situation que ces derniers contestent dans la mesure où ils estiment que, comme tout autre employé au chômage technique, ils ont droit à leur salaire.

Ce qui n’est souvent pas le cas, beaucoup d’entre eux se heurtant en fin de mois à une triste réalité : leurs employeurs refusent de les payer. « Vendredi dernier, quand j’ai appelé la maison où je travaille pour demander comment faire pour obtenir mon salaire, on m’a juste dit qu’on me ferait savoir. Et hier, quand j’ai appelé de nouveau, on m’a fait comprendre qu’on ne pourra me payer, car je ne travaille pas », témoigne une femme de ménage travaillant pour une famille depuis bientôt huit ans. Cette dernière trouve cette situation « injuste », car si elle ne peut se rendre au travail, dit-elle, ce n’est pas par choix. Beaucoup d’autres se retrouvent dans la même situation. Certains ont même fait appel à des syndicalistes.

Et ces derniers sont catégoriques : les employés de maison doivent obligatoirement, selon eux, recevoir leurs salaires selon la loi. Et de rappeler que ces employés, lorsque le gouvernement avait annoncé une aide financière pour le secteur informel, avaient pensé dans un premier temps qu’ils auraient donc droit à cette allocation. A tort, car cette compensation n’est réservée en réalité qu’aux « self-employed », catégorie dans laquelle ne rentrent pas les employés de maison. Aussi ces derniers demandent-ils au gouvernement une aide financière dans cette période de crise.

A noter que depuis 2018, avec l’introduction du salaire minimum, ceux qui emploient des gens de maison, que ce soit à plein temps ou à temps partiel, doivent enregistrer leurs employés et contribuer de fait au Fonds national de pension. Ceux qui l’ont fait pourront bénéficier du Wage Assistance Scheme, où l’État contribuera au paiement du salaire à hauteur de 50%. Ce qui ne concerne évidemment pas ceux qui ne sont pas enregistrés.