ZAHEER ALLAM

Supermarchés surpeuplés, pique-niques au bord de mer, des parties de foot sur un terrain. Certains semblent traiter les choses à la légère et faire le contraire de ce qui a été prescrit et ce, tant à l’échelle locale qu’internationale. Au cours des six dernières semaines, nous notons plus de 47 000 cas et plus de 4 000 décès en Italie ; plus de 21 500 en Espagne avec plus de 1 100 morts ; et plus de 12 000 en France avec plus de 450 morts, entre autres. Nous n’avons pas besoin de diplômes poussés pour prédire les prochaines tendances pour notre île.

Notre réponse pour limiter les dégâts ? Le confinement immédiat. L’Europe, les Amériques et d’autres pays – que nous prenons souvent comme exemple –, ont mis du temps à le faire. Maurice a su agir en conséquence.

Oui, cela a conduit à des mesures désespérées, dont certaines peut-être formulées/communiquées à la hâte, ce qui a provoqué un chaos. Mais oui, nous sommes dans une période désespérée. Le chaos est désormais la nouvelle norme dans de nombreux pays. Les choses seront bien sûr désordonnées. La sécurité de la population est de mise. Les politiques, qui ne fonctionnent pas, sont en cours de révision – Mauriciens à l’étranger, renforcement des mesures de confinement, etc. La critique peut être bonne car elle met en évidence des problèmes, mais n’aide pas toujours car nous sommes vraiment dans une situation unique. Il n’y a pas de précédent ; nous agissons, comme de nombreux autres pays, au fur et à mesure.

Ce que d’autres ont appris, c’est que le virus ne traite pas nos personnes âgées gentiment. Le taux de mortalité observé pour celles âgées de 80 ans et plus révèle que des milliers de personnes à Maurice sont à risque. Ce sont là nos parents, nos grands-parents, nos proches.

Ce qui dérange certains en ce temps de confinement, c’est un sentiment de soumission à ceux au pouvoir; cela va à l’encontre de leur droit à la liberté. Bien que nous puissions être en bonne santé, en traînant librement, nous pouvons devenir des transporteurs du virus SANS LE SAVOIR. Nous mettons alors d’autres personnes en danger. Qu’est-ce que cette liberté, sans humanité ?

Outre notre nature rebelle naturelle (et peut-être innée) contre les établissements, nous assistons cependant à l’émergence de terrains communs. Nous voyons un soutien envers la police et les employés de l’État ; nous voyons l’émergence d’une collaboration, de systèmes de soutien et de solidarité. Nous devons maintenant éduquer/convaincre les autres que nous sommes tous dans le même bateau.

Nous détestons le confinement. Mais c’est un mal nécessaire. Le non-respect de cette mesure ne fera qu’accélérer la propagation du Covid-19 et tout autant le prolongement de notre peine.

Ceci n’est plus une question de politique, mais de santé publique. RESTONS À LA MAISON et sachons en profiter ! Nous sommes fiers de faire étalage des qualités d’être Mauricien; il est peut-être temps pour nous de le démontrer.