La présence de l’ancien Premier ministre Navin Ramgoolam à son bungalow de Roches-Noires, de 16 heures le 2 juillet 2011 à au moins 1 h 30 le 3 juillet, a été doublement certifiée par le Central CID. En effet, le week-end dernier, le chef inspecteur de la VIPSU attaché à la sécurité de Navin Ramgoolam, a donné des indications sur son emploi du temps et a complété l’exercice, hier après-midi, avec la conclusion de son audition en tant que témoin par des hommes de l’assistant commissaire de police Heman Jangi.
Aujourd’hui, l’un des témoins majeurs convoqué n’est autre que le majordome de la famille Ramgoolam, Aya. À la demande du Central CID, il est arrivé aux Casernes centrales en compagnie de son homme de loi, Me Jamil Mosaheb. En parallèle, le défilé des policiers de service au poste de police de Rivière-du-Rempart dans la nuit du 29 au 30 juillet 2011 se poursuit avec des indices préliminaires de Foul Play attendant confirmation « beyond reasonable doubt » dans le décès d’Anand Kumar Ramdony en cellule policière.
Les détails contenus dans le Log Book du vigile de la société Brinks, Louis Claude Drapchand, aujourd’hui décédé, ont traversé avec succès un premier test de confirmation. Ils prennent complètement à contre-pied la thèse vendue officiellement par Navin Ramgoolam à l’effet qu’il n’était pas présent dans le bungalow de Roches-Noires au moment de l’incident et de l’agression entre 1 h 20 et 1 h 30 le 3 juillet 2011. Le chef inspecteur de la VIPSU, aujourd’hui rétrogradé au rang d’inspecteur à la Special Mobile Force (SMF), est venu apporter la confirmation formelle que Navin Ramgoolam a passé la nuit du 2 au 3 juillet 2011 à son bungalow.
Un autre vigile de la société Brinks, un ancien sergent de police, appelé en renfort après l’agression dans la chambre à coucher au premier étage du campement, a soutenu qu’il a reconnu « Missié-là (Navin Ramgoolam) avek ène madam ki ti ena long sévé ». Le chef inspecteur de la VIPSU, qui avait fait office de chauffeur de Navin Ramgoolam dans la journée du 2 juillet 2011, et qui a été entendu à titre de témoin en deux étapes, constitue une carte majeure dans le dossier à charge du Central CID.
Ce chef inspecteur de police a affirmé qu’il avait eu pour Assignment ce jour-là de conduire l’ancien Premier ministre à Roches-Noires. Il aurait quitté River Walk vers 14 heures et est arrivé au campement vers les 16 heures ce samedi. Dans sa déposition, il a donné des détails sur le trajet emprunté à cet effet. Il a ajouté qu’il avait déposé Navin Ramgoolam avant de recevoir l’ordre de « return back to base » car celui-ci allait y passer la nuit.
En tout cas, avec ces nouveaux témoignages irréfutables, Navin Ramgoolam, lors de son prochain interrogatoire Under Warning, devra revoir sa stratégie en modifiant sa version des faits par rapport à son emploi du temps du 2 au 3 juillet 2011. Le véritable enjeu de ce rendez-vous crucial sera de reconstituer le déroulement de cette agression où Navin Ramgoolam et la femme qui était en sa compagnie avaient eu à affronter un individu armé d’un tournevis. Des sources officieuses allèguent que l’ancien Premier ministre aurait été blessé au bras et à l’estomac lors de la lutte qui s’ensuivit avec l’agresseur.
Entre-temps, les invités et les membres de l’entourage de Navin Ramgoolam sont convoqués pour audition au QG du Central CID. À la mi-journée, après le bras droit politique de Navin Ramgoolam, Dass Chetty, vendredi, le majordome de la famille Ramgoolam, Aya, s’y est rendu en compagnie de son homme de loi. À la mi-journée, aucun détail n’était disponible pour justifier la présence de ce membre de l’entourage proche des Ramgoolam.
En parallèle, l’audition des officiers de police de service au poste de police de Rivière-du-Rempart au moment du suicide allégué d’Anand Kumar Ramdony a repris ce matin. Le Central CID serait en présence d’indices préliminaires quant à un Foul Play dans la cellule de ce détenu aux petites heures du matin du 30 juillet 2011.
Les enquêteurs tentent d’obtenir confirmation au-dessus de tout soupçon d’une présence étrangère au poste de police au cours de cette nuit avant d’aborder l’étape susceptible de faire la connexion entre les événements du 3 juillet 2011 au campement de Roches-Noires et le suicide présumé du 30 juillet au poste de police de Rivière-du-Rempart…