L’Independent Commission Against Corruption (ICAC) a ouvert une enquête sur des conflits d’intérêts allégués au sein du conseil d’administration de la Mauritius Society of Authors (MASA). Deux membres du board en particulier sont concernés. Ils sont mis en cause dans des plaintes enregistrées concernant des « facilités » offertes à l’Association des Auteurs Compositeurs Mauriciens (AACM) et le choix d’un restaurant pour l’organisation de la fête de fin d’année de la société.
Un an après la dissolution du conseil d’administration et la mise en place d’une nouvelle équipe, la situation à la MASA n’a guère évolué. Au contraire, il se pourrait que le scénario de l’année dernière se reproduise à la prochaine assemblée générale de la société, prévue le 23 septembre. Insatisfaits de la performance de l’équipe qu’ils ont élue en 2011, les membres de la MASA pourraient présenter une motion en vue de leur demander de step down.
Toutefois, aucune demande formelle dans ce sens n’a été adressée à l’administration de la société à ce jour. Pour faire passer une telle motion, une majorité d’un cinquième des membres qui se chiffre à environ 350 est nécessaire.
Entre temps, l’ICAC a ouvert une enquête sur des conflits d’intérêts allégués à la MASA. Plusieurs membres ont porté plainte à l’effet que leurs projets d’enregistrement tardent à être approuvés, alors que ceux des autres le sont rapidement. Une des plaintes vise particulièrement le CD réalisé par l’AACM qui aurait été approuvé « en dehors du comité musical. »
Il faut savoir que depuis les affaires Sony Music et Méli Mélo où la MASA a été épinglée pour avoir donné l’autorisation à produire des CD sans l’approbation des détenteurs des droits mécaniques, la société a redoublé de vigilance. Un comité musical a été mis sur pied pour examiner tous les morceaux qui figureront sur de nouveaux CD, afin d’éviter de nouveaux scandales. Mais pour beaucoup, cet exercice prend trop de temps et bloque le travail des producteurs.
Il est ainsi reproché à la MASA d’avoir « accordé des faveurs à l’AACM » pour la réalisation de son CD. Toutefois, selon nos sources, les personnes engagées dans la création et la réalisation de l’hymne de l’AACM ont toutes renoncé à leurs droits mécaniques, en échange d’un « grant » de la MASA sur les hologrammes. Des documents relatifs à cela ont été dûment signés auprès de l’administration de la MASA.
L’autre enquête de l’ICAC concerne l’organisation de la fête de fin d’année. Celle-ci s’est tenue au restaurant La Baie Des Pirates le 22 décembre 2011. Une plainte a été faite concernant « les intérêts » qu’aurait un membre très en vue de la société dans ce restaurant.
Ce membre du board ainsi que le responsable du comité musical sont convoqués à l’ICAC la semaine prochaine. Les responsables de l’AACM ont eux été entendus ce matin. Plusieurs membres du personnel de la MASA ont déjà été entendus sur ces deux dossiers.
Par ailleurs, la MASA est actuellement sous la surveillance de l’Office of Public Sector Governance (OPSG) opérant sous le Prime Minister’s Office (PMO). Cet organisme reproche à la société de « multiplier les réunions du conseil d’administration. » Dans bien des cas, les réunions sont ajournées sans qu’une décision n’ait pu être prise sur certains dossiers. Une autre réunion est alors organisée dans les jours suivants. Or, l’OPSG juge que cela constitue un gaspillage étant donné que les membres perçoivent une allocation pour chaque réunion. Il en est de même pour les différents comités.
Les membres de la société appelés en assemblée le 23 septembre risquent de mal digérer toutes ces critiques. D’autant que la rumeur court sur une éventuelle augmentation des frais administratifs de la MASA.