Le ministre du Tourisme Xavier-Luc Duval a déclaré, à l’inauguration du 3e Congrès des comptables africains hier soir à Pailles, que les crimes de la rue – vols, cambriolages et autres délits – sont en baisse de par le monde. Cependant, les crimes en col blanc, aidés par l’internet, sont en hausse. Il s’est référé aux nombreux scandales financiers mis au jour depuis l’arrivée au pouvoir du nouveau gouvernement il y a un peu plus de quatre mois.
« Vous lisez sûrement les journaux qui font état de différents scandales ces derniers temps. C’est un phénomène sur lequel nous devons garder un oeil et aussi voir comment les comptables peuvent réfléchir sur la comptabilité dans les grandes entreprises », a observé Xavier-Luc Duval. Cependant, a-t-il ajouté, « c’est à la justice, éventuellement, de décider qui a fauté », précisant : « Néanmoins, je peux dire que ces scandales affectent des milliers, voire plus de 300 000 détenteurs de police d’assurance et de comptes bancaires. » Xavier-Luc Duval a demandé aux comptables de réfléchir, lors de leur congrès, sur leur rôle et celui des auditeurs à travers le monde, ainsi que « de quelle manière vous pouvez améliorer les choses ». Selon lui, cette situation amène à se questionner sur le rôle des institutions et « how effective they are ». Il développe : « Les institutions dans le monde en développement jouent un rôle vital dans le succès d’un pays. Et nous devons voir comment cela affecte la croissance future. »
Se référant à l’Afrique en tant que « most promising continent in the world », Xavier-Luc Duval a dit que « nous devons en profiter au maximum pour notre développement mutuel ». Selon lui, l’Afrique n’est pas « seulement une industrie extractive qui est en plein boom, mais c’est aussi la démocratie, la bonne gouvernance et les bonnes politiques économiques ». Le vice-Premier ministre voit un immense potentiel pour le commerce et l’investissement intra-africain. « Il n’y a pas lieu de voir ce qui se passe en Asie, en Europe ou en Amérique. Si nous, en Afrique, nous sommes capables de collaborer entre nous-mêmes, de générer des investissements et plus spécifiquement de générer le commerce, ce sera un immense potentiel pour la croissance à travers le continent », a-t-il estimé.
Xavier-Luc Duval a rappelé que Maurice a développé une stratégie africaine depuis quelque temps déjà pour booster l’investissement, le commerce et le mouvement des populations. « Lorsque les populations se rencontrent, l’amitié s’installe et des partenariats sont créés. D’où notre décision d’abolir le visa pour les citoyens de 50 des 54 pays africains », a-t-il relevé. Et d’ajouter : « Nous avons aussi fait de notre île un lieu de rencontre, non seulement pour les Africains, mais aussi pour les Indiens, les Chinois, les Russes, les Européens et les Américains. »
Cependant, le ministre du Tourisme conçoit que la connectivité est un gros problème en Afrique. « Nous devons avoir une bonne connectivité à travers le continent, car il est très difficile de bouger en Afrique, même les marchandises », a-t-il décrit avant d’observer que « déménager un conteneur de Maurice à Mombasa coûte plus cher que de le faire de Chine à Mombasa ». Xavier-Luc Duval croit qu’une île a besoin de connectivité. « Sans elle, l’île est un endroit solitaire. Mais avec la connectivité, elle peut devenir le centre du monde. »
Pour sa part, le Prof Mussa Assad, président de la Pan African Federation of Accountants (PAFA), a mis l’accent sur le rôle des comptables qui, selon lui, « est d’identifier, d’enregistrer, de classifier, de résumer, de rapporter et d’interpréter les activités économiques d’une perspective financière ». Selon lui, les comptables ne sont pas en train de « bien faire » dans le service public, les PME et l’agriculture. « Si je comprends bien, Maurice importe des ananas, ce qui est un échec de notre part en termes de service que nous offrons à l’agriculture », a-t-il observé. Il a ainsi estimé que le secteur public a quelques défis à relever, dont le manque de ressources humaines et le niveau des compétences. « Nous avons un rôle à jouer pour aider les gouvernements dans la mobilisation des revenus ainsi que dans le contrôle des dépenses », a-t-il déclaré. Le Prof Assad a observé que les comptables ont des possibilités limitées quant aux PME « car nous ne pouvons chasser que les animaux que nous pouvons gérer ». Le congrès a débuté ce matin et se poursuivra jusqu’à jeudi.