Le MSM a poursuivi sa campagne d’explication hier à Dubreuil. Les dirigeants du parti ont rappelé les raisons qui ont poussé le MSM à quitter le gouvernement et déploré « la manière de faire de l’ICAC » dans l’enquête Medpoint. Pravind Jugnauth s’est dit déterminé à « nettoyer » le pays de la fraude et de la corruption et a appelé à rendre le pouvoir au peuple. L’enregistrement audio évoquant les recrutements dans la fonction publique et attribué à un député de la majorité est revenu en boucle au cours du congrès.
« Le 22 septembre marque un jour noir pour l’histoire de Maurice. » C’est ainsi que Sunil Dowarkasing, qui présidait le congrès du MSM à Dubreuil, a qualifié l’inculpation de Pravind Jugnauth dans l’enquête de l’ICAC sur Medpoint. Des rubans noirs ont ainsi été distribués aux dirigeants et aux sympathisants du parti pour symboliser ce « jour triste ».
Revenant sur cette affaire, Pravind Jugnauth a soutenu que le rachat de Medpoint a été planifié pour « piéger » le MSM. Il a invoqué les éventuels contacts entre l’ancien ministre de la Santé Rajesh Jeetah et le Dr Malhotra avant même la parution du ‘tender’ pour un hôpital gériatrique. Il a tenu à mettre en garde Navin Ramgoolam, disant qu’il avait mis la main dans un engrenage et que le MSM en sortira plus fort.
Le leader du MSM a aussi fait ressortir qu’au cours de son interrogatoire à l’ICAC, à aucun moment les enquêteurs ne lui ont posé de questions sur la réévaluation de la clinique. « Cela veut dire qu’ils n’ont rien à me reprocher à ce sujet. Il faut donc que Navin Ramgoolam vienne dire en public qui a ordonné la réévaluation de Medpoint. J’espère qu’il ne va pas perdre la mémoire comme Yodhun Bissessur. »
Pravind Jugnauth a une fois de plus critiqué le fait qu’on ne l’a pas autorisé à utiliser les procès-verbaux du cabinet du 18 juin 2010 pour sa défense. « Comment les détails d’une réunion où on a parlé du rachat d’un hôpital peuvent-ils mettre la sécurité du pays en danger ? » Dans le même souffle, il s’interroge sur le silence du Dr Rashid Beebeejaun, actionnaire de la clinique Medpoint à travers la société Medinvest et qui était aussi présent à cette réunion du cabinet. « Je l’ai invité à parler, mais il ne dit rien. Que veut dire ce silence ? » Tout en disant son respect pour les institutions, il a déploré le fait que l’ICAC n’ait pas interrogé Rajesh Jeetah et Rashid Beebeejaun « under warning », comme cela a été le cas pour lui.
Le leader du MSM a rappelé qu’il n’avait pas l’intention de fournir de caution après son arrestation dans cette enquête. « Toutefois, des amis m’ont dit de faire attention… C’est pour cela que j’ai finalement payé la caution. »
Evoquant son passage au gouvernement de l’alliance de l’Avenir, Pravind Jugnauth a déploré le fait que les backbenchers de l’opposition « passaient leur temps à nous critiquer, plus que l’opposition ». Il a établi un parallèle avec l’alliance MMM / MSM « où tout le monde travaillait dans la solidarité ».
Prenant la parole à cette même occasion, Leela Devi Dookun-Luchoomun, vice-présidente du parti, a mis en garde contre « l’installation d’un Etat policier ». Plus tôt, Sunil Dowarkasing a critiqué le fait que la police a objecté à ce que des partisans du MSM installent des banderoles disant « Pei ambalao, anou unir pou rebatir », à Curepipe. Quant à Sheila Grenade, elle a égratigné Mireille Martin, l’accusant d’avoir « trahi » le leader du parti après que celui-ci lui a donné un ticket « sur plateau » en deux occasions.